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Si une alimentation riche en graisses est souvent cause de surpoids, ce n’est pas seulement dû à son excès calorique. Elle entraînerait aussi une perturbation du rythme circadien de production d'une hormone, l'adiponectine, qui influence le stockage des graisses.
Avec 9 kilocalories par gramme, les graisses représentent à la fois la forme la plus concentrée d’énergie et le candidat idéal pour guider l’organisme dans la voie de l’obésité. A ces effets premiers s'en ajouterait un autre, portant sur une perturbation des rythmes circadiens, c'est-à-dire des variations du métabolisme à l'échelle de l'alternance jour/nuit. C'est ce qu'affirment Oren Froy et ses collègues de l’université de Jérusalem dans une publication récente.
Nos rythmes circadiens organisent une bonne part de notre métabolisme, notamment la production d'hormones. Un des meilleurs exemples est le cortisol, dont le pic de sécrétion survient en début de matinée afin de préparer notre organisme au réveil.
Parmi les facteurs exerçant l’action la plus significative sur nos rythmes circadiens figure la lumière. L’industrie en profite pour promouvoir divers traitements à base de luminothérapie. Mais il en est un autre, résidant dans l’alimentation qui peut, elle aussi, affecter l’horloge biologique. Cela vient d’être vérifié sur des souris, et la transposition de ces effets sur l’être humain semble évidente pour les auteurs de cette étude.
En cause, l’adiponectine, une hormone jouant un rôle décisif dans la régulation du poids. Produite et fixée au sein du tissu adipeux, elle a pour fonction de favoriser la combustion des graisses et surtout d’augmenter la sensibilité à l’insuline, ce qui tend à réduire le stockage des graisses. L’adiponectine agit dans notre corps comme un véritable messager modulant son action en fonction de l’état de réplétion de nos réserves graisseuses.
Un régime gras perturbe le rythme circadien de l'adiponectine
Afin de mieux cerner le fonctionnement de l’adiponectine et sa répercussion sur l’organisme, les chercheurs ont soumis des souris à divers régimes, modulés selon la quantité de nourriture et leur saturation en graisses. L’administration d’un régime pauvre en graisses induit chez ces mammifères un rythme circadien de l’adiponectine normal. En revanche, un régime riche en graisses entraîne une nette perturbation de ce rythme, dont les phases sont prolongées à l’excès et entraînent inévitablement un retard de l’activité régulatrice de l’hormone. Un jeûne ou une alimentation insuffisante provoquent l’effet inverse.
La conclusion est logique : il existe bien un lien direct entre graisses, horloge biologique et sommeil, ce qui confirme que la consommation excessive de graisses, quelles qu’elles soient, et temps de sommeil insuffisants sont facteurs d’obésité.
Il est à noter que d’autres expérimentations, conduites cette fois directement chez l’Homme, avaient déjà permis d’établir que le manque de sommeil induisait diverses modifications hormonales entraînant une diminution de la sensation de satiété et une augmentation de l’attrait pour le gras, effets peu favorables sur le maintien du poids.
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