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Le 4 juillet 2002 à 00h00

Sida : Efficacité démontrée des traitements antirétroviraux en Afrique

Depuis plusieurs années, les trithérapies ont fait leurs preuves dans les pays industrialisés en matière de lutte contre le sida. Pourtant, en Afrique subsaharienne où vivent 70 % des personnes touchées par le VIH, l'accès à ces traitements reste extrêmement limité.

Leur coût et leur complexité, le manque d'infrastructures nécessaires au suivi des patients ou capables de délivrer régulièrement les médicaments expliquent en partie cette situation. De plus, l'efficacité des antirétroviraux pourrait ne pas être la même pour certaines souches du VIH présentes en Afrique et la réponse au traitement (résistance virale, effets secondaires, etc.), notamment chez les patients présentant un déficit immunitaire sévère, est encore mal connue. Ces facteurs sont considérés comme autant d'obstacles à de véritables programmes thérapeutiques en Afrique et justifient pour certains des interventions publiques exclusivement centrées sur la prévention sans y intégrer de traitements antirétroviraux.

Le gouvernement sénégalais a développé depuis 1998 un programme d'accès aux traitements contre le sida

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. Dans ce cadre, un programme d'évaluation, coordonné par l'IRD et le Comité national de lutte contre le sida du Sénégal, et financé par l'ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida), a eu pour objectif de mesurer l'efficacité, la tolérance, l'acceptabilité et la faisabilité d'un traitement antirétroviral classique. Cette étude a été menée auprès de cinquante-huit personnes âgées de 16 à 56 ans, ayant une charge virale élevée et un taux de lymphocytes CD4 bas. La majorité (86, 2%) avait développé la maladie avant la mise sous antirétroviraux. Tous ont reçu un traitement associant deux inhibiteurs de la transcriptase inverse et un inhibiteur de protéase

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, en trois prises quotidiennes comme dans les pays du Nord. Une enquête sociologique menée conjointement a évalué la capacité des patients à prendre en charge une partie du coût du traitement en fonction de leurs ressources, le reste étant subventionné par le programme.

À l'issue des 18 mois de l'étude, les résultats étaient comparables à ceux obtenus dans les pays industrialisés. D'une part, la plupart des patients (87,9 %) ont suivi la thérapie de manière régulière sur l'ensemble de la période de suivi. Et, contrairement à ce que l'on supposait, les difficultés financières ont relativement peu fait obstacle à l'observance du traitement. D'autre part, les chercheurs ont observé la même efficacité thérapeutique que chez les patients des pays industrialisés. En effet, après un an et demi de traitement, la charge virale est apparue quasi indétectable (inférieure à 500 copies/ml) dans 59,3 % des cas et le taux de CD4 a très sensiblement remonté (environ 180/mm3). La tolérance à l'égard des antirétroviraux a été globalement bonne, les effets secondaires observés étant peu importants, et deux cas seulement de résistance virale aux médicaments ont été recensés.

Cette étude prouve que les stratégies thérapeutiques développées dans les pays industrialisés sont également applicables en Afrique. En effet, l'initiative sénégalaise démontre que cette trithérapie s'est avérée efficace pour la majorité des patients, malgré un déficit immunitaire sévère avant la mise sous antirétroviraux et la présence de différentes souches du VIH-1. Il est par ailleurs important de noter que, contrairement aux résultats de plusieurs autres études menées en Afrique, l'apparition de résistances virales a été rare. Les chercheurs estiment que la qualité du suivi des patients sous traitement grâce à l'implication de travailleurs sociaux et la régularité de l'approvisionnement en médicaments ont contribué à cette efficacité. Au regard des excellents résultats obtenus pendant cette phase pilote, il reste maintenant à vérifier que ce traitement reste efficace sur le long terme et à plus grande échelle.

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Avec l'Initiative sénégalaise d'accès aux antirétroviraux (ISAARV), commencée en 1998, le Sénégal est l'un des premiers pays Africains, avec la Côte d'Ivoire et l'Ouganda, à avoir mis en place un programme national d'accès aux traitements contre le sida.

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Ces antirétroviraux sont actifs contre deux cibles du VIH : la transcriptase inverse et la protéase. La première est une enzyme qui permet à l'ARN du virus de se transformer en ADN afin de pouvoir être ensuite intégré à l'ADN de la cellule infectée. La protéase est également une enzyme : elle sert à l'assemblage des éléments constitutifs du VIH, avant son relargage hors de la cellule.

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