D’abord conçus pour la sécurité, les feux tricolores ont ensuite été utilisés pour réguler le trafic grâce à la synchronisation. Depuis quelques années, ils sont impliqués dans une autre affaire : celle de la consommation des véhicules immobilisés au feu rouge et, partant, de l’émission de gaz à effet de serre. Certains pensent à peaufiner la synchronisation pour réduire les temps d’arrêt. Au MIT, on a trouvé une idée : utiliser les smartphones pour prédire le passage au vert...
Un nouveau logiciel permettant de réduire l'attente aux feux rouges pourrait réduire de façon significative la consommation des véhicules, d'après une étude menée au Massachusetts Institute of Technology (MIT). L'appli pour smartphones SignalGuru emploie un GPS et des données visuelles capturées par un réseau de smartphones montés sur les parebrises ou les plages avant de véhicules. Elle calcule la distance séparant les conducteurs des feux rouges et leur indique à quel moment une conduite plus lente peut leur éviter d'atteindre le prochain feu lorsqu'il est encore rouge.
Testé à Cambridge, dans le Massachusetts, et à Singapour, le dispositif prévoit avec exactitude le passage au vert, avec une marge d'erreur de quelques secondes. Lors des essais effectués à Cambridge, les chercheurs ont calculé que la diminution de leur vitesse pour atteindre les feux au bon moment permettait de réduire leur consommation d'essence de 20 %.

Ralentir avant le rouge pour arriver au vert
« Les voitures sont responsables de 28 % de la consommation d'énergie et de 32 % des émissions carbone aux États-Unis, rappelle Emmanouil Koukoumidis, chercheur invité au MIT et directeur du projet. Si on peut économiser ne serait-ce qu'un faible pourcentage de ce chiffre, on peut déjà avoir un impact important sur la consommation d'énergie des États-Unis. » « À terme, poursuit-il, il est possible qu'un tel logiciel soit intégré aux dispositifs de navigation et même qu'il soit amélioré pour fournir d'autres infos comme le prix du carburant, les places de parking disponibles ou encore l'avancée des bus urbains sur leurs itinéraires. »
Le dispositif n'en est pour l'instant qu'au stade de projet. Pour Emmanouil Koukoumidis, sa généralisation n’est possible que si l’on implique un nombre suffisant d'automobilistes. On peut cependant remarquer qu’il n’est intéressant que pour les véhicules classiques et devient inutile sur les voitures électriques, hybrides ou équipées d’un système start&stop, dont le moteur ne tourne pas à l'arrêt.
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