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Le 15 septembre 2011 à 13h34

Salon de l’auto IAA de Francfort : Internet en vedette

AFP

Au salon de l’automobile qui vient d’ouvrir ses portes en Allemagne, deux tendances s’affichent déjà : la connexion à Internet et l’aide à la conduite. La première est sans doute davantage qu’une mode et pose de nouveaux problèmes de sécurité, de la distraction du constructeur au piratage – informatique – de la voiture.

C'est une figure obligée pour les constructeurs automobiles présents au Salon IAA qui se tient à Francfort, du 15 au 25 septembre : des voitures connectées à Internet pour commander une pizza, lire ses courriels ou consulter les réseaux sociaux, même dans les bouchons. Dernier raffinement destiné à capter la clientèle haut de gamme ou gadget voué à disparaître rapidement, les connexions à Internet à bord figurent en effet au catalogue des deux poids lourds du secteur, BMW et Mercedes-Benz (groupe Daimler).

Chez BMW, un ordinateur de bord ouvre l’accès pour les voyageurs à un portail dédié leur permettant de trouver le restaurant, le magasin ou le musée de leur choix. Il leur délivre également les bulletins de nouvelles, la météo ou des informations pratiques. Côté Daimler, Internet est au programme en option de la toute nouvelle Classe B, une citadine présentée en grande pompe à Francfort. Le conducteur peut explorer l'ensemble du réseau Internet… mais seulement à l'arrêt. En marche, il n'aura le droit qu'à une sélection d'applications siglées Mercedes-Benz.

À l'avenir, la plupart des voitures permettront peut-être de se connecter à sa musique, ses films et ses documents, qu'ils soient contenus dans son ordinateur domestique ou hébergés sur un nuage de données (le cloud), comme le suggère Ford avec son prototype Cloud montré à Francfort et avec le système Sync montré au Cebit de Hanovre en mars dernier.

Les équipementiers comme l'allemand Bosch ou le français Valeo explorent aussi différentes pistes. Ce dernier présente par exemple un nouveau système permettant à une voiture de se garer toute seule, sans conducteur a bord. Les services les plus désirés par les conducteurs sont en effet l'aide à la conduite, par exemple la localisation de stations services, puis la consultation du courrier électronique ou des réseaux sociaux, selon une étude du Bitkom, la Fédération allemande des entreprises de haute technologie.

« Pour l'instant, il s'agit surtout d'un effet de mode » mais Internet au volant devrait se banaliser car il permet aux constructeurs de proposer des voitures appétissantes pour les clients, explique Stephen Reith, spécialiste du secteur pour l'agence de consultants Booz & Company. L'avènement d’Internet au volant serait une certitude car « quand le marché dit qu'il veut quelque chose, il l'obtient », renchérit Frank Biller, de la banque régionale LBBW.

Google, hackers et terroristes

Ces nouveaux services ne vont pas sans danger. « Il faut répondre à la demande [de connexion à Internet] sans nuire à la facilité d'utilisation ni à la sécurité des transports », résume Martina Koederitz, membre de la direction du Bitkom. Connecter les voitures, c'est aussi en faire la proie éventuelle des hackers, a récemment souligné la société de sécurité McAfee. « Qu'un compte e-mail ou un ordinateur portable coure un risque, c'est une chose, mais si une voiture est piratée, ça devient un danger important pour la sécurité personnelle » du conducteur, a mis en garde le patron de McAfee Stuart McClure. L'idée n'est pas irréaliste puisque des chercheurs américains ont déjà réussi à pirater une voiture à distance.

Très pointilleuses sur les questions de vie privée, les autorités allemandes s'inquiètent aussi de ce que des voitures, notamment électriques, peuvent apprendre à l'insu de leur propriétaire, à des entreprises, des États ou des personnes mal intentionnées. « Les systèmes doivent être configurés de manière à posséder le moins possible de données personnelles », pour éviter par exemple que Google n'apprenne des choses sur nos habitudes de conduite lors de la recharge de la batterie, pointe ainsi dans un entretien à l'AFP Peter Schaar, chargé par le gouvernement allemand de ces questions. Google s'intéresse d'ailleurs à cette question puisque l'entreprise propose déjà Google Prediction pour, entre autre, observer l'usage d'une voiture, ce que Ford a commencé à tester. Pire, une voiture électrique pourrait même « être utilisée comme un virus » par un pirate pour attaquer le réseau électrique, s'alarme-t-il.

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L'ordinateur de bord installé dans une Mercedes Classe B. © AFP Photo / Thomas Kienzle
L'ordinateur de bord installé dans une Mercedes Classe B. © AFP Photo / Thomas Kienzle