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La mondialement célèbre météorite martienne Allan Hills 84001 fait à nouveau parler d’elle. A défaut de fournir une preuve indiscutable de la présence de vie sur Mars dans son passé, elle donne cette fois une preuve que l’environnement martien permet la synthèse de molécules organiques : c’est une première !
On se souvient de l’annonce retentissante faite par la Nasa, le 6 août 1996, de la preuve d’une vie passée sur Mars. En analysant la météorite martienne ALH84001, une achondrite découverte en Antarctique dans la région d’Allan Hills en décembre 1984, d’où son nom, les chercheurs de la Nasa croyaient en effet avoir repéré des fossiles de nanobactéries ne pouvant pas être d’origine terrestre, ou produits par des processus purement géochimiques reproduisant des structures biologiques sans en être vraiment.
La situation s’est obscurcie assez rapidement ces dernières années et ces traces ne sont plus considérées comme une preuve solide de l’apparition de la vie sur Mars il y a des milliards d’années. Toutefois, des scientifiques du Laboratoire de Géophysique de l’Institution Carnegie pensent maintenant avoir démontré, avec cette même météorite, qu’au moins certaines des molécules carbonées de base du vivant étaient bien synthétisées par la planète rouge.
Le message de la contrée des ours en armures
La découverte vient de la comparaison de ce morceau de lave martienne, s’étant cristallisé il y a 4,5 milliards d’années, avec des échantillons de laves terrestres provenant du Svalbard, la contrée que l’on nomme aussi Spitzberg et qui n’est donc pas une simple invention de Philip Pullman dans ses romans aujourd’hui portés à l’écran avec « A la croisée des mondes ».

Les laves du Svalbard étudiées par l'équipe se sont épanchées il y a un million d’années environ en Arctique. Le climat froid se rapproche des conditions martiennes. Or, dans ces laves, on trouve de petites sphères de minéraux carbonatés contenant des molécules organiques étroitement associées à un oxyde de fer assez célèbre sous forme d’un minéral appelé magnétite. Lors d’une éruption volcanique, la magnétite a agi comme un catalyseur au contact de fluides riches en dioxyde de carbone et en eau, bien qu’aucune présence de vie n’ait été possible à ce moment étant donné la température.
Des petites sphères de ce genre ont été trouvées dans ALH84001, et il s’agit donc très vraisemblablement de molécules synthétisées par la chimie martienne et pas par contaminations terrestre ultérieures. C’est la première fois qu’une preuve de ce genre a pu être apportée et elle renforce la conviction que des molécules organiques doivent facilement apparaître à la surface des grosses planètes telluriques dans l’Univers, même quand il y fait froid !
La mission Mars Science Laboratory qui sera lancée en 2009, venant épauler Spirit et Opportunity s’ils sont encore actifs, nous en apprendra sans doute davantage.
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