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Robert Smith et Klaus-Peter Schroeder, deux astrophysiciens, reviennent sur leurs calculs de 2002 démontrant à l’époque que la Terre pourrait échapper à l’engloutissement par le Soleil, quand il deviendra une géante rouge. Le nouveau pronostic est pessimiste.
On affirme souvent que la mort de la Terre est programmée pour dans 5 milliards d’années environ, mais c’est un vieux chiffre qui a été recalculé depuis quelque temps à la lumière des progrès en théorie de l’évolution stellaire.
En fait, notre Soleil ne devrait devenir une géante rouge que dans 7,6 milliards d’années. En plus de grossir, il passera alors par une série d’instabilités qui lui feront perdre de la masse sous forme de vents solaires violents et sporadiques.
En 2002, deux astrophysiciens de l’Université de Sussex ont réalisé que la perte de masse du Soleil allait modifier son champ de gravitation et donc la taille des orbites des planètes du système solaire. Dans ce schéma, la Terre devrait s'éloigner du Soleil. Cela serait-il suffisant pour éviter que les couches supérieures de l’atmosphère du Soleil ne finissent par rejoindre l’orbite terrestre et n’enveloppe donc notre planète ?
A l’époque, les deux chercheurs avaient répondu par l’affirmative, moyennant quand même quelques incertitudes sur la perte réelle de masse du Soleil à cette période de son évolution, au-delà de la séquence principale.

Smith et Schroeder viennent de revenir sur leurs analyses : ils avaient oublié un détail crucial ! Certes, l’orbite de la Terre pourrait devenir plus large et ainsi permettre à celle-ci de survivre à l’enfer, quand bien même ses océans n’échapperaient pas à la vaporisation et probablement aussi à l’évaporation complète, laissant la planète sans eau. Mais les vents solaires de cette époque augmenteront suffisamment la densité des espaces interplanétaires pour que la Terre subisse un effet de friction non négligeable, conduisant, à l'inverse, à une diminution du rayon de son orbite.
La conjonction des deux phénomènes, diminution de la taille du Soleil, et donc de la force d’attraction de celui-ci, et augmentation forte du frottement de la Terre avec le vent solaire ne permettront donc pas au final à celle-ci d’échapper à son destin, qui devrait aboutir à l’évaporation complète ou partielle des roches.
La vie sur Terre est-elle donc condamnée dans quelques milliards d’années ?
Pas forcément ! Notre étoile ne deviendra une géante rouge que lorsqu’une partie de son carburant nucléaire présent dans son cœur (l'hydrogène) sera épuisé. Mais il en restera beaucoup à l’intérieur du Soleil.
On pourrait imaginer dans quelques millions d’années que notre civilisation sera suffisamment avancée pour construire une machine de Von Neumann et exploiter en quelques générations le minerai lunaire, ou dans la ceinture d’astéroïdes, pour construire un anneau solaire autour de la Terre. L’énergie électrique produite pourrait servir à alimenter une batterie de super canons laser dirigés en direction du Soleil. Pénétrant dans les couches profondes, les faisceaux pourraient réalimenter son cœur en hydrogène frais. La technique est certes dangereuse. Comment réagirait le Soleil ? Y aurait-il un risque d’éruptions solaires létales ?
Une autre stratégie, exposée par Hubert Reeves dans un de ses livres, serait d’utiliser l’eau des océans de la Terre pour alimenter des réacteurs à fusion contrôlée et des moteurs à plasma pour lentement déplacer la Terre de son orbite. Selon ses calculs, une baisse de seulement 100 mètres des océans de la planète au cours de quelques milliers d’années de fonctionnement de « petits moteurs » serait suffisante.
A moins que la clé des étoiles ne nous soit donnée dans beaucoup moins de temps, et sans requérir des quantités d’énergie aussi faramineuses que les précédentes, il semble peu probable que l’humanité puisse quitter le système solaire, sauf peut-être un petit groupe de pionniers à bord d’arches interstellaires. En attendant, pas de panique, on a au moins un milliard d’années pour résoudre le problème… La première condition à remplir étant de survivre au XXIième siècle.
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