Ce ne sont pas de véritables exoterres que vient de découvrir Kepler mais on s'en rapproche : bien qu’elles soient trop chaudes pour être habitables, les deux exoplanètes Kepler 20e et Kepler 20f, qui tournent autour d’une étoile similaire au Soleil dans la constellation de la Lyre, ont presque le même rayon que la Terre.
Carl Sagan est décédé il y a tout juste 15 ans, le 20 décembre 1996. Ce n’est donc peut-être pas un hasard si la Nasa a annoncé hier la découverte tant attendue de Kepler : des exoplanètes de la taille de la Terre (Kepler 20e et Kepler 20f).
Située à environ 1.000 années-lumière de la Terre dans la constellation de la Lyre, l’étoile Kepler 20 est de type solaire, mais un peu plus petite et froide que notre Soleil. Cinq exoplanètes y ont été découvertes par la méthode du transit. Remarquablement, les rayons respectifs de Kepler 20f et de Kepler 20e sont de 1,03 et 0,87 fois fois celui de la Terre (c'est-à-dire, pour ce dernier, un peu plus petit que Vénus).
Les autres planètes découvertes sont plus grosses que la Terre mais moins que Neptune. Il s’agit d’un système planétaire différent du Système solaire car toutes ces planètes orbitent très proche de leur étoile. Kepler 20b et Kepler 20c bouclent leurs orbites en respectivement 3,7 et 10,9 jours alors que Kepler 20e et Kepler 20 f font de même en 6,1 et 19,6 jours. L’orbite la plus large est celle de Kepler 20c avec une période orbitale de 77,6 jours. On devine donc qu'il existe non seulement une alternance de grandes et petites planètes mais également qu'elles effectueraient presque toutes leur révolution à l’intérieur de l’orbite de Mercure si elles étaient autour de notre Soleil.
Des exoplanètes aux températures incompatibles avec la vie
Les découvertes sont en train de s’accélérer avec Kepler, mis en orbite en 2009. En début d’année, Kepler 10b était sa première planète rocheuse dénichée dans la Voie lactée et peu de temps après la Nasa annonçait avoir observé une Tatooine.
Contrairement à Kepler 22b les deux exoplanètes Kepler 20e et Kepler 20f ne sont pas dans la zone d’habitabilité de Kepler 20. On estime d’ailleurs que leurs températures de surface sont respectivement de 426 °C et 760 °C environ, ce qui veut dire que du plomb serait en fusion à leur surface. La découverte est tout de même suffisamment importante pour qu’elle soit annoncée dans un article de Nature.

En effet, ces planètes présentent un rayon presque identique à celui de la Terre. Il suffirait donc qu'elles soient dans la zone d’habitabilité, plus exactement que l’on détecte de l’eau liquide à leur surface, pour être de véritables exoterres. De quoi valider encore plus l'idée que les exoterres ne doivent pas être rares dans la Voie lactée. À moins qu'on ne découvre par la suite une véritable exoterre autour de Kepler 20, cette étoile ne devrait donc pas être écoutée par le ATA de Seti.
On n'est probablement pas au bout de nos surprises avec Kepler, car il semble bien que l'instrument soit capable de partir également à la recherche des exolunes habitables et même de faire la lumière sur le mystère de la matière noire en montrant qu'elle est peut-être partiellement composée de trous noirs.
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