Tout se présente au mieux pour le satellite Corot. Le chasseur d’exoplanètes telluriques, aussi à l’écoute des oscillations des étoiles, vient de fêter ses 300 jours en orbite depuis son lancement du cosmodrome de Baïkonour le 27 décembre 2006. Le Cnes vient de faire le bilan de longues séquences d’observations du satellite et annonce de prochaines publications scientifiques.
La mission du satellite Corot, l’acronyme de COnvection, ROtation et Transits planétaires, est double. Il s’agit de détecter des exoplanètes rocheuses au moins aussi grandes que la Terre et de faire des études d’astérosismologie (ou sismologie stellaire). La technique employée dans les deux cas repose sur de mesures photométriques fines des variations de luminosité des astres étudiés.
La traque des exoplanètes telluriques
Ainsi, dans le cas de la première exoplanète découverte par Corot au début de l’année 2007, baptisée Corot-Exo-1b, c’est en constatant une brusque diminution, bien qu’infime, de la luminosité de l’étoile observée que l’on a pu détecter le transit devant celle-ci d’une planète, dont le diamètre estimé est de l’ordre de 200 à 250.000 km, et tournant en 1,5 jour autour de son soleil situé à environ 1.500 années-lumière. Il s’agit donc d’un Jupiter chaud.
Des observations spectroscopiques, conduites au sol par la suite, ont permis de mesurer aussi la masse de la planète, soit 1,3 fois celle de Jupiter. Quant à l’étoile hôte, il s’agit d’une étoile naine analogue au Soleil.

Si l’on en croit Annie Baglin, investigatrice principale de la mission Corot, « la précision des données que nous livre Corot est particulièrement impressionnante. La courbe de lumière du transit est si détaillée qu’elle nécessitera des analyses complémentaires. Il n’est pas exclu de pouvoir y distinguer des traces de la lumière de l’étoile se réfléchissant sur la planète, avec la perspective d’en tirer des informations sur son atmosphère ».
Les courbes de variations de luminosité enregistrées par Corot sont en effet plus complexes que celle donnée pour illustrer la détection d’une exoplanète par transit. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder celle fournie récemment par le Cnes et montrant une période de 120 jours d'observations ininterrompues.

On peut cependant remarquer facilement différents types de variations d’intensités lumineuses, en amplitudes et en périodicités.
On trouve ainsi :
La sismologie stellaire
Le deuxième but de Corot est d’améliorer notre compréhension de la structure stellaire des étoiles. Pour ce faire, près de 12.000 courbes de variations de luminosité ont été enregistrées. En effet, les étoiles, tout comme notre Soleil, sont parcourues par des ondes sismiques de différents types qui provoquent de légères modifications de leur luminosité en surface.
Techniquement, il s’agit d’oscillations constituées d’ondes acoustiques ou de gravité, qui se propagent à travers l'étoile. Ce sont les modes propres de l'objet en équilibre, sphère de gaz autogravitante, éventuellement en rotation. Les mesures photométriques dans l’espace permettent alors un enregistrement très fin de ces différents modes qui constituent autant de renseignements sur les zones convectives et radiatives à l’intérieur des étoiles. L’ensemble permet de remonter à la masse, à la composition chimique et à l’âge des étoiles avec une précision inégalée jusqu’à présent.

Pendant les trois ans que va durer la mission Corot, c’est environ une centaine d’étoiles qui vont être ainsi auscultées. Il faut bien comprendre que la théorie de la structure et de l’évolution stellaire est l’épine dorsale de toute l’astrophysique, et partant, de toute la cosmologie, car c’est à partir d’elle que l’ont estime la distance, l’âge et la composition chimique des astres de l’Univers. Les courbes obtenues, comme nous l'avons fait remarquer, sont complexes et il faut mobiliser les ressources des techniques de traitements du signal, comme l’analyse de Fourier, pour en extraire la précieuse information.

La mission Corot n’en est encore qu’à ses débuts mais, d'ores et déjà, le bilan suivant peut être dressé :
Un des résultats les plus importants que fournira Corot est sans nul doute une évaluation de la fréquence des planètes telluriques autour des étoiles dans notre Galaxie. Cette valeur est importante pour l'astrobiologie puisqu'elle est un des termes de l'équation de Drake.
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