Le 21 juillet 2008 à 17h30

Collisions de taches rouges sur Jupiter surprises par Hubble

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Par Laurent Sacco, Futura-Sciences Bookmark and Share

Le télescope spatial Hubble vient de fournir ces derniers mois une série d’images qui renseignent peut-être sur le mécanisme responsable de la longue vie de la Grande Tache Rouge de Jupiter. On y observe les interactions entre la Grande Tache Rouge et la plus petite, apparue en début d’année.

La Grande Tache Rouge de Jupiter est presque l’emblème de la plus grande planète de notre système solaire, comme le sont les anneaux pour Saturne. Observée depuis plus de 150 ans, cette grande tempête anticyclonique défie toujours les explications des hydrodynamiciens et des planétologues, même si de grands progrès ont été réalisés depuis quelques dizaines d’années et que des théories intéressantes ont été proposées. L’une des plus connues est celle d’un effet non-linéaire de mécanique des fluides, découvert au XIXième siècle mais dont l’importance n’est devenue claire qu’après la Seconde guerre mondiale avec les progrès de l’analyse numérique et de la théorie des équations au dérivées partielles, les solitons.

Ces derniers décrivent des types d’ondes particulièrement stables qui ressemblent à des paquets d’énergie bien localisés. Ces solitons peuvent entrer en collision et se traverser sans subir d’affaiblissement notable et on les a proposés aussi bien pour décrire les particules élémentaires que les panaches volcaniques à l’intérieur du manteau, sans doute à l’origine des points chauds.


Figure 1. Au sud de l'équateur de Jupiter, la Grande Tache Rouge (Red Spot), la Tache Rouge Junior (Red Spot Jr) et la Petite Tache Rouge (Baby Red Spot). Crédit : Nasa, Esa, Zolt Levay (STScI), et A. Simon-Miller (Nasa Goddard Space Flight Center)

Les images, en vraies couleurs, fournies par la camera planétaire à grand champ numéro 2 du télescope Hubble ont été prises, respectivement, les 15 mai, 28 juin et 8 juillet 2008 (voir la figure 2). Elles sont centrées sur une zone couvrant 58° en latitude et 70 en longitude dans le système de coordonnées cartographique de la surface de Jupiter, calqué sur celui de la Terre.

On voit clairement la Grande Tache Rouge ainsi que la Tache Rouge Junior, apparue au début de l’année 2006 lorsque la couleur d’une des grandes tempêtes de Jupiter a viré du blanc au rouge. Les raisons de ce changement de teinte sont encore mal comprises. On soupçonne seulement la remontée de certaines molécules de couches internes à la planète. La Tache Rouge Junior est située juste en dessous de la grande et ne semble pas être affectée par la présence de sa sœur.



Figure 2. Cliquez pour agrandir. Les trois images prises par Hubble des taches rouges de Jupiter. La flèche indique la petite tache qui ressort de la grande en ayant perdue sa couleur rouge. Crédit : Nasa, Esa, A. Simon-Miller (Goddard Space Flight Center), N. Chanover (New Mexico State University), et G. Orton (Jet Propulsion Laboratory)

Il n’en est pas de même pour la petite tache (Baby Red Spot) dont les images montrent qu’après absorption, elle est ressortie avec une légère déformation mais surtout une couleur blanche. Selon certaines théories, cette tache ne devrait pas tarder à effectuer un mouvement inverse la conduisant à être définitivement absorbée par sa grande sœur. Ce serait là un des mécanismes possibles expliquant la grande stabilité de la Grande Tache Rouge. Réponse dans quelques mois... ou quelques années peut-être.

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Les taches rouges de Jupiter. Crédit : Nasa, Esa, A. Simon-Miller (NASA Goddard Space Flight Center)
Les taches rouges de Jupiter. Crédit : Nasa, Esa, A. Simon-Miller (NASA Goddard Space Flight Center)