Deux télescopes spatiaux travaillent de concert pour repérer les astres les plus massifs qui se cachent dans la poussière et le gaz de la Voie lactée.
Lancé en 1999, Chandra est un observatoire spatial qui étudie les émissions de rayons X en provenance des trous noirs, des supernovae ou des étoiles à neutrons, quelques-unes des sources célestes les plus énergétiques. Le nom de cet observatoire rend hommage à Subrahmanyan Chandrasekhar, l'un des pionniers de l'astrophysique du XXe siècle. Spitzer quant à lui est un télescope spatial qui scrute l'univers en infrarouge depuis 2003. Bien qu'à court d'hélium pour refroidir ses récepteurs, il continue d'observer le ciel dans des longueurs d'onde qui lui permettent de voir ce qui se passe derrière des nuages de poussière. Il nous a ainsi révélé dernièrement le nouveau visage de la nébuleuse North America.
Les astronomes ont décidé d'utiliser Spitzer et Chandra pour un relevé systématique des étoiles massives de la Voie lactée. Les deux observatoires sont complémentaires : Spitzer peut voir à travers les nuages obscurcissants situés au voisinage du plan de la Galaxie mais il fournit des images surchargées en étoiles. Chandra peut de son côté démasquer les plus massives trahies par l'intensité de leur rayonnement en rayons X.
Une patiente recherche
L'étude des étoiles massives qui nous entoure a commencé il y a une quinzaine d'années avec la mission Asca (pour Advanced Satellite for Cosmology and Astrophysics), un satellite japonais spécialisé dans l'étude des rayons X qui a été opérationnel de 1993 à l'an 2000. Asca avait alors déniché 160 sources de rayons X mais sa faible résolution spatiale n'avait permis d'en identifier qu'un tiers. Chandra fournit désormais des positions beaucoup plus précises de ces sources dont 4 ont été associées à des étoiles au moins vingt-cinq fois plus massives que le Soleil, situées entre 7.500 et 18.000 années-lumière de la Terre. Pour expliquer la brillance de ces étoiles en rayons X, les astronomes ont proposé le scénario suivant. Les vents stellaires violents qui s'échappent de ces astres à plus de 3 millions de kilomètres à l'heure rencontrent parfois le vent stellaire d'autres étoiles environnantes. L'onde de choc qui résulte de ces collisions génère des températures jusqu'à 100 millions de degrés et une forte production de rayons X.
L'image ci-dessous montre un des champs stellaires étudiés par Spitzer à proximité du plan galactique. Les deux carrés assombris artificiellement permettent de localiser deux des quatre étoiles massives (en bleu) détectées par Chandra comme étant des sources à fort rayonnement X.
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