En partenariat avec Futura-Sciences, Isover vous propose de faire un point durant un mois sur l’étanchéité à l’air, préoccupation grandissante pour la conception d’un habitat moins énergivore : dossier spécial, forum pour poser vos questions à des experts, et vidéos de mise en oeuvre !
A l’entrée en vigueur de la RT 2012 au 1er janvier prochain, réduire la consommation d’énergie du bâtiment est au cœur des préoccupations. L’objectif de basse consommation à atteindre pour tout projet de construction dès le 1er janvier 2013 conduit à adopter des systèmes et solutions constructives limitant au minimum les besoins en énergie du bâtiment. Pour obtenir une enveloppe du bâti thermiquement performante, l’étanchéité à l’air du bâtiment est également au cœur du dispositif pour concevoir un habitat sobre mais néanmoins confortable. En effet, les fuites d’air sont une source de déperditions thermiques non négligeable et peuvent favoriser la formation de condensation dans les parois. Elles peuvent également affecter la qualité de l’air intérieur de l’habitat.
SOMMAIRE :
-SAVOIR : les bases de l'étanchéité à l'air et de la réglementation thermique, en neuf ou en rénovation
-COMPRENDRE : comprendre l'étanchéité à l'air, les phénomènes de transferts de vapeur d'eau ou de ponts thermiques pour ne plus les confondre et mettre en oeuvre les meilleures solutions
1.1 - L’étanchéité à l’air : quel impact sur le confort ?
L’objectif d’étanchéité à l’air fixé pour le neuf par la RT 2012 est exprimé par un coefficient de perméabilité à l’air des parois, exprimé en m3/(h.m2) de parois déperditives (hors plancher bas). Ce taux représente le débit maximal de fuites d’air traversant l’enveloppe du bâti sous une différence de pression donnée. Plus le taux est élevé, plus les parois laissent passer l’air, occasionnant alors des déperditions calorifiques, de l’inconfort (phénomènes de parois froides, courants d’air, difficulté à chauffer la maison) et augmente, de fait, la facture d’énergie du logement.

Les défauts d’étanchéité à l’air ont également des conséquences néfastes à différents niveaux :
1.2 - Je fais construire ou je rénove : quelles différences ?
1.2.1 - Différences d’exigences
En habitat individuel, les exigences de performances d’étanchéité à l’air ne sont pas les mêmes que l’on construise ou que l’on rénove. Si, en neuf, le constructeur doit respecter les exigences de la RT 2012, en rénovation, il n’existe pas d’exigence sur le niveau d’étanchéité à l’air à atteindre. Seule une exigence de performance thermique minimale à mettre en œuvre par paroi existe, dès lors que des travaux de rénovation thermique sont engagés. Tous les travaux d’amélioration thermique de l’enveloppe doivent a minima respecter la Réglementation Thermique des Bâtiments Existants ou RT par élément depuis la publication au Journal Officiel de l’arrêté du 3 mai 2007.
En rénovation, l’étanchéité à l’air du bâti n’est pas obligatoire. Il est néanmoins souhaitable d’y porter une attention particulière eut égard à la surconsommation d’énergie, à l’inconfort et aux pathologies générés par les fuites d’air dans l’enveloppe du bâti.
En neuf, la RT 2012 est mise en place pour tout bâtiment neuf afin de répondre aux objectifs d'économie d'énergie et de préservation de l'Environnement issus du Grenelle de l'Environnement. En plus des exigences de consommation maximale d’énergie primaire, elle renforce les exigences en matière d’étanchéité à l’air et impose des obligations de résultat.
Notée Q4Pasurf, la performance d’étanchéité à l’air maximale à atteindre ne doit pas être supérieure à :
Une mesure de l’étanchéité à l’air est effectuée à la réception du chantier pour en vérifier la conformité avec les exigences réglementaires (hors démarche qualité agréée).
1.2.2 - Différences en termes de faisabilité des travaux
En construction neuve, l’obligation d’étanchéité à l’air du bâti doit être prise en compte dès l’étape de conception du logement. Les systèmes constructifs et les solutions d’isolation choisies intègreront les systèmes d’étanchéité à l’air à prévoir par type de paroi.

L’étanchéité à l’air en rénovation reste moins facile à mettre en œuvre : elle dépend directement de la réfection ou non de l’isolation thermique des parois. Elle reste néanmoins un point capital pour une isolation thermique globale réussie.
Qu’il s’agisse de murs, de combles perdus ou aménagés, il existe pour chacune de ces applications des solutions d’étanchéité à l’air spécifiques selon la nature de la paroi à renforcer (systèmes d’isolation complet intégrant une membrane d’étanchéité à l’air, membranes d’étanchéité à l’air indépendantes, pare vapeur assurant également l’étanchéité à l’air, solutions humides d’étanchéité à l’air à projeter avant isolation).
Si des travaux de rénovation ont déjà été effectués sans prendre en compte le besoin d’étanchéité à l’air, on pourra identifier les éventuelles fuites d’air ou infiltrations pour les corriger du mieux possible (calfeutrement au pied des doublages et parements, à la jonction des menuiseries avec la paroi, des prises et interrupteurs).
A noter : assurer le renouvellement de l'air de l’habitat par la mise en œuvre d’un système de ventilation mécanique est une nécessité qui se justifie au regard des besoins :
Fuites d’air, ponts thermiques, transferts d’humidité : bien comprendre les différences entre ces 3 phénomènes pour limiter les risques de pathologies du bâtiment.
Les fuites d’air parasites dans les parois proviennent généralement de défauts de construction, de défauts de mise en œuvre des composants des parois. Elles sont génératrices de ponts thermiques.

Les transferts de vapeur d’eau quant à eux sont permanents dans l’habitat. L’occupation des locaux (hommes, animaux, plantes) est génératrice de vapeur d’eau (respiration, transpiration, cuisine, douches, lessives…). Ces phénomènes ont des conséquences pour votre maison :

L’étanchéité à l’air se joue à la fois au niveau du gros œuvre (en parois verticales maçonnées) et/ou avec des solutions d’étanchéité à l’air dédiées. Les ponts thermiques structurels doivent être traités dès la conception. La mise en œuvre des produits et systèmes d’isolation et d’étanchéité à l’air doit être de qualité. Enfin, les apports d’humidité doivent être pris en compte à plusieurs niveaux, il faut :
La bonne performance thermique de l’habitat repose sur la combinaison : isolation performante et continue + étanchéité à l’air + ventilation maîtrisée.

2.1 - Pourquoi parle-t-on alors de laisser « respirer » les murs ?
Lorsque l’on parle de « paroi respirante », il y a confusion entre l’étanchéité à l’air de la paroi et son comportement à la vapeur d’eau. Or pour éviter les déperditions thermiques et la dégradation du bâti, la paroi doit être étanche à l’air et les transferts de vapeur d’eau limités par des systèmes appropriés (selon le type de paroi) pour éviter toute accumulation d’humidité dans son épaisseur. Pour le confort des occupants, on luttera aussi contre l’excès d’humidité à l’intérieur de l’habitat par un système de ventilation adapté.
Dans certaines applications du bâtiment, mettre seulement en œuvre une solution d’étanchéité à l’air efficace ne saurait suffire et un pare-vapeur doit être mis en œuvre, même s’il existe un système de ventilation maîtrisée adapté. C’est notamment le cas en toiture, en MOB et en climat de montagne.
2.2 - Etanchéité à l’air et ventilation : la complémentarité
Une ventilation ne sera pas performante si l’étanchéité à l’air du bâti n’a pas été bien prévue. En effet, toute étanchéité à l’air mal traitée peut être source de fuites d’air dans les parois qui perturbent alors le cycle de ventilation. Lorsqu’un bâtiment est bien isolé et étanche à l’air, le fonctionnement de la ventilation est optimisé, ce qui est capital pour avoir un bâtiment confortable et économe en énergie. Seul le renouvellement d’air nécessaire à l’hygiène est assuré et la qualité de l’air intérieur garanti. L’association de l’étanchéité à l’air et d’une ventilation adaptée permet d’éviter tout phénomène de condensation et de moisissures.

En somme, une ventilation efficace et une étanchéité à l’air performante permettent de maîtriser les flux d’air à l’intérieur du bâtiment. Associées à une isolation efficace, elles participent à la pérennité du bâti.
2.3 - Membrane d’étanchéité à l’air, pare vapeur, frein vapeur… : quelles différences entre tous ces produits ?
Une membrane d’étanchéité à l’air a pour rôle d’assurer la continuité de l’étanchéité à l’air des parois du bâti. Son choix est adapté au type et à la nature du mur support (murs à ossature bois ou murs maçonnés par exemple). Elle ne se substitue généralement pas à un pare-vapeur dont le rôle est d’empêcher le cheminement et la stagnation de la vapeur d'eau à travers les parois du bâti. Le frein-vapeur n’existe pas dans les textes réglementaires. Seul le pare-vapeur est mentionné dans les divers DTU, règles de l’art, constats de traditionnalité et Avis Techniques. Il existe également sur le marché des membranes d’étanchéité à l’air ayant aussi des caractéristiques pare vapeur.
Si en murs, la mise en place d’un pare-vapeur n’est pas nécessaire dans la plupart des cas (locaux de faible et moyenne hygrométrie, hors MOB et climat de montagne) lorsqu’une ventilation adaptée est associée au principe de continuité thermique et d'étanchéité à l'air, elle est par contre indispensable en toiture (DTU Couverture). L’étanchéité à l’air quant à elle doit être assurée de façon continue et pérenne sur l’ensemble de l’enveloppe du bâti.
A noter :