La plupart des récifs sont construits en béton armé (avantage de l’utilisation d’un matériau inerte, durable et modulable) dont les formes sont issues du BTP, ce qui fait aussi qu’on peut reprocher aux récifs actuellement utilisés leur manque d’esthétisme. Si l’efficacité biologique des modules cubiques en béton a été montrée, un des inconvénients majeurs de ce type de modules réside dans son coût très élevé. Des solutions alternatives doivent être recherchées, à travers l’utilisation d’autres matériaux et d’autres structures adaptés aux contraintes du milieu marin (résistance aux contraintes physiques et chimiques). En effet, il ne s’agit en aucun cas d’utiliser les récifs artificiels comme prétexte pour se débarrasser de déchets encombrants et de matières polluantes tels que les pneus (Fig. 10), les carcasses de voiture et d’autres déchets qui ont prouvé leur inefficacité et leur vulnérabilité à l’immersion.


En revanche, l’utilisation de matériaux totalement inertes tels que les enrochements (blocs de carrière), les poteaux électriques en béton ou certaines structures métalliques comme les épaves de navires préalablement dépolluées (enlèvement des moteurs, réservoirs carburant et huile) ou dans certains cas les plates-formes pétrolières peuvent constituer une solution alternative satisfaisante (Fig. 11).



Un amoncellement de blocs rocheux de différentes tailles sur le fond permet la création d’habitats multiples et d’abris de tailles variées, dont l’architecture est similaire à celle des éboulis rocheux, qui sont certainement les zones naturelles les plus performantes sur le plan biologique. Les épaves sous-marines, fait bien connus des pêcheurs et des plongeurs, sont souvent très riches sur le plan halieutique. Les épaves attirent les plongeurs du fait de leur richesse en espèces, de leur aspect esthétique et de leur intérêt paysager, historique et émotionnel. En créant de nouveaux sites de plongée et de pêche, les épaves permettront certainement une meilleure gestion pour un développement durable de ces activités, en désenclavant certains sites naturels trop fréquentés. Actuellement, des pays comme le Canada ou Cuba misent leur développement sur les activités touristiques et la plongée en particulier. De nombreuses épaves de navires réformés ont été coulées ces dernières années, créant de nouveaux sites de plongée. En Australie, dans le Queensland, une trentaine d’épaves ont été immergées pour les plongeurs, qui peuvent explorer plusieurs épaves durant la même plongée. Ces pays ont une réelle volonté politique afin de favoriser les immersions d’épaves préalablement dépolluées comme nouveaux sites de plongée. Néanmoins, en France, l'immersion volontaire de bateaux est interdite (décret de 1982), pourtant quelques immersions ont eu lieu (Boulogne, île d’Yeu, Sables d’Olonne, Languedoc, Golfe-Juan) et surtout en Nouvelle-Calédonie et à la Réunion, épaves destinées aux plongeurs sous-marins.

Le concept de récifs « paysagers », avec une recherche de l’esthétisme dans les formes se développe également (Fig. 12). Ces récifs sont généralement spécialement conçus pour les plongeurs (voûtes, structures dressées). Par exemple, les « Reef Ball » (cloches percée de multiples trous) mis au point aux Etat-Unis, connaissent actuellement un essor spectaculaire dans le monde (300 sites et 50 000 unités immergées).

En France, des modules expérimentaux « Khéops » ont été testés sur la Côte Bleue et donnent également de bons résultats biologiques.


Un architecte marseillais a également mis au point plusieurs types de récifs paysagers (« Hexapora » et « Fractal »).

