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Jean Etienne
 

Le chat domestique à l'origine de la civilisation ? - 24/12/2007

Car si l'Homme appréciait blé, il n'était pas le seul. Entreposé dans des fosses d'abord, dans des cabanes ensuite, il attira rapidement tous les rongeurs des environs, véritable calamité qui entraîna probablement de nombreuses famines. Mais ces mulots et autres souris avaient un ennemi juré : le chat.

"Les félins sont bien connus pour être de redoutables prédateurs - très meurtriers, très féroces et très menaçants pour les autres espèces y compris celle des humains", explique M. O'Brien, chercheur au National cancer institute américain. Mais ajoute-t-il, un des plus petits représentants de son espèce a choisi de devenir un peu plus familier, un peu plus amical, et surtout un excellent chasseur de souris.


Siamois © Karin Langner-Bahmann

"Premièrement, il les a aidés à se débarrasser des milliers de rongeurs installés près des stocks de grains, et deuxièmement, il a sans doute été une source d'amusement pour les familles et leurs enfants", explique-t-il, ajoutant qu'il s'agissait bien là du "début d'une des plus incroyables expérimentations biologiques, où un méchant, féroce et mortel prédateur, change de comportement et devient amical avec les humains".

Mais notre chat domestique, cette machine à ronronner qui s'épanouit devant nos cheminées, descend-il réellement de la lignée qui a permis à la civilisation de prendre son élan ? Pour cela, les chercheurs ont étudié l'ADN de 979 chats afin de les mettre en corrélation avec les cinq espèces de chats sauvages connues sur trois continents. Ils sont ainsi parvenus à exclure quatre espèces de chats sauvages, soit le chat sauvage européen, celui d'Asie centrale, celui du sud de l'Afrique et celui du désert chinois, dont les groupes sont génétiquement distincts de notre chat domestique. Par contre, ce dernier appartient bien au groupe du chat sauvage du Proche-Orient

"Le chat sauvage du Proche-Orient, qui vit dans les déserts d'Israël, d'Arabie Saoudite et d'autres pays du Proche-Orient, et qui ressemble probablement à son ancêtre, est certainement aussi le parent de nos félins favoris", conclut Carlos Driscoll, l'un des auteurs de l'étude et doctorant à l'université d'Oxford.