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Patrick Straub
 

L'abeille, sentinelle écologique - 01/02/2007

  • 1 - Le miel

Le miel est extrait des diverses substances sucrées récoltées, tel que le nectar des fleurs dites mellifères (la courte langue de l'abeille ne lui permet pas de butiner toutes les variétés de fleurs), ou le miellat produit par les pucerons ou la cochenille à partir de la sève des arbres, et notamment des sapins. L'abeille l'élabore dans son jabot lors de son vol de retour à la ruche, grâce à une enzyme qui transforme le saccharose en glucose et en fructose. Arrivée à la ruche, la butineuse régurgite le nectar que recueille une receveuse. Commence alors un long travail de manipulation, destiné à déshydrater cette ébauche de miel afin d'assurer sa conservation. Pour cela, il est déposé par fines pellicules sur la paroi interne des cellules, et est ventilé par les ouvrières pour provoquer l'évaporation de l'excédent d'eau. Lorsque le miel a atteint le degré d'humidité requise, il est transféré dans d'autres alvéoles qui seront operculées.



Centrifugeuse pour l'extraction du miel
Reproduction et utilisation interdites

Les saveurs, les couleurs et les aspects des miels peuvent avoir des origines très diverses. Un miel mono floral est produit à partir d'une seule variété de plante, tandis que les autres, qui mélangent les espèces, sont dits « toutes fleurs ». Le miel présente un grand intérêt nutritionnel, et ses vertus sont nombreuses. Il est principalement bactériostatique, c'est-à-dire qu'il ne tue pas les bactéries mais empêche leur développement, et cicatrisant.

  • 2 - La gelée royale

Cette substance est produite par les ouvrières pendant leur stade de « nourrices ». D'une teinte laiteuse, la gelée royale constitue la nourriture exclusive de toutes les larves jusqu'au cinquième jour de leur vie, et de la reine pendant toute son existence. La confection naturelle de cette substance est de faible proportion, car les abeilles n'en produisent que la quantité nécessaire à leurs propres besoins. Son exploitation fait l'objet d'une technique très particulière (extraction de la gelée à l'aide d'une pipette à aspiration).



Expériences d'addition de pollen dans des cellules d'abeilles "Evylaeus calceatus". Les deux cellules ont reçu du pollen additionnel. Le pain d'abeille supérieur pèse 53,1 milligrammes, le pain d'abeille inférieur pèse 72,6 milligrammes. Le poids moyen d'un pain d'abeille de première couvée est d'environ 44 milligrammes.
© Plateaux Luc - CNRS laboratoire: URA1293
© CNRS Photothèque
Reproduction et utilisation interdites

Composée de diverses substances balsamiques, gommeuses et résineuses, la propolis est récoltée sur les parties de végétaux exsudant des sucs poisseux : résine, sève… Additionnée de cire et de sécrétions salivaires, elle subit des modifications afin de servir de mortier pour le colmatage et l'étanchéité de la ruche, où l'asepsie et la consolidation des rayons. La propolis constitue un excellent vernis désinfectant qui est appliqué à l'intérieur des alvéoles avant que les œufs n'y soient déposés. Elle est également employée pour la momification des corps d'animaux intrus, trop lourds pour être évacués de la ruche, et empêche leur décomposition.

  • 4 - La cire

La cire est produite par les glandes cirières de jeunes abeilles et sert à construire les alvéoles dont l'assemblage forme les rayons de la ruche. Quoique sa densité et sa donc sa résistance soient très faibles, la substance est inoxydable et insoluble dans l'eau. Jadis elle était employée pour la confection des chandelles. De nos jours elle est utilisée en cosmétique et en pharmacie.

  • 5 - Le pollen

Le pollen est l'élément fécondant mâle d'une fleur qui se trouve sur les anthères des étamines. Il doit être déposé sur le pistil pour que la plante soit fécondée. Il entre dans la composition du miel, et sa nature (forme, taille, couleur) permet d'identifier la plante dont il est extrait grâce aux techniques de la mélissopalynologie. Les butineuses le récolte à l'aide de la « brosse à pollen » placée sur la face interne du métatarse, et « peignent » les grains minuscules dispersés sur les poils de leur corps, pour les amasser dans la corbeille à pollen située sur la face externe du tibia de la patte opposée.



Pollen de plusieurs plantes : tournesol (Helianthus annuus), Ipomea purpurea, Sildalcea malviflora, Lilium auratum, onagre (Oenothera fruticosa) et rincin commun (Ricinus communis). pollen image noire

Pour recueillir le pollen, les apiculteurs ont conçu une grille appelée « trappe à pollen » placée à l'entrée de la ruche. Lorsqu'elles y pénètrent, les ouvrières passent au travers d'étroites ouvertures, provoquant la chute d'une partie de la pelote. Seuls 10 % de la matière est prélevée car le reste est indispensable à la croissance de la colonie. Elle constitue la nourriture protéinique nécessaire à la croissance du couvain. Le pollen entre dans la fabrication de certaines préparations médicales et agit efficacement en tant que fortifiant.