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Jean-Michel Chazine
 

Le mystère des mains de Bornéo - 08/05/2007

Cependant, la véritable surprise, magistrale et déterminante, fut la découverte en 1994 de véritables peintures rupestres, caractérisées notamment par des représentations de mains négatives (image 4), d'une facture manifestement archaïque: les premières de toute l'île de Bornéo, et ce, contrairement à tout ce qui était signalé dans la littérature archéologique.


4 - Gua Mardua, la première grotte ornée

Des sites à peintures rupestres avaient bien été observés depuis les années 1930 en Insulinde, mais seulement entre le Sud Ouest de Sulawesi et la Nouvelle Guinée (voir carte générale de répartition des sites rupestres). On n'en a toujours pas non plus observé de semblables, notamment avec des mains négatives, dans le reste de l'Asie du Sud Est insulaire (Java, Sumatra, les Philippines ni toute la Malaisie) et même continentale, sauf à partir de la Thailande.



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Les spécialistes en étaient ainsi venus à penser, à partir de cette distribution très limitée en Insulinde même, que l'Art rupestre observé ne pouvaient provenir que des riches sites rupestres d'Australie septentrionale. Nos découvertes montraient, selon cette même hypothèse, que cette influence avait pu de fait au moins franchir la Ligne de Wallace (voir supra carte générale). Rappelons qu'elle correspond à une fosse/faille marine, séparant d'une petite centaine de km, des rives abruptes, ayant ainsi toujours coupé biologiquement Bornéo de Sulawesi, quelles que soient les variations successives des niveaux marins jusqu'à ces derniers millénaires.

Au cours des prospections des 8 années suivantes, plus de 30 grottes ornées parmi plus d'une centaine visitées, ont été repérées et plus ou moins précisement étudiées. Un travail conséquent qui a mis ainsi en évidence et confirmé définitivement qu'un style d'art rupestre à part entière s'était effectivement développé dans l'Est de Bornéo, et surtout, à l'Ouest de Sulawesi et de la Ligne de Wallace.

On n'a observé celui-ci jusqu'à maintenant qu'à l'intérieur des bassins versants Sud et Est de la chaîne de Mangkalihat, dans ce qui peut apparaître comme une grande enclave naturelle. Cet art rupestre présente non seulement toutes les caractéristiques des expressions figuratives ou esthétiques propres à l'art pariétal mondial, mais montre surtout des variantes, des combinaisons et même des motifs quasiment uniques jusqu'à présent.