L'économie de l'après-guerre est en plein essor. La beauté plus que jamais est rattachée à la jeunesse. On assiste à un essor de la chirurgie esthétique et reconstructrice, qui est désormais plus abordable pour les femmes américaines de la classe moyenne.
Les chirurgiens qui ont acquis un savoir faire pendant la guerre en s'occupant des soldats défigurés se mettent désormais au service d'une nouvelle cause. La première intervention destinée à augmenter le volume des seins remonte à la fin du XIXe siècle quand l'Allemand Vincenz Czerny ( 1842-1916) en 1895 a l'idée de remplir une dépression mammaire consécutive à l'ablation d'un adénome avec un lipome prélevé dans la région lombaire.
En 1953, Brown suggère d'injecter du silicone qui avait été découvert en 1942. Sans attendre les résultats des expérimentations, des chirurgiens se lancent dans des injections intra-mammaires directes de silicone liquide. Très vite, il est fait état de résultats déplorables avec la survenue de « siliconomes » qui sont de grandes tumeurs inflammatoires extrêmement douloureuses.
C'est le professeur Claude Dufourmentel qui a l'idée d'utiliser des inclusions prothétiques vers 1930 et qui fait fabriquer des implants d'ivoire, de caoutchouc au niveau du nez mais il ne réaliser aucun implant mammaire. Schwartzmann propose la mise en place de boules de verre.
Enfin, après la Seconde Guerre mondiale, la constatation de la parfaite tolérance de l'inclusion des fragments de cockpits d'avions dans les yeux des pilotes de la Royal Air Force donne à Ridley l'idée d'expérimenter un cristallin artificiel de méthylmétacrylate, qu'il réalise pour la première fois en 1949. Par la suite, les implants évoluent considérablement et l'extraction d'intra capsulaire devient extra capsulaire. Cela marque le début des implant prothétiques bien tolérés.
Vers 1950, on assiste aux premiers essais de mise en place des premiers implants synthétiques afin d'augmenter le volume mammaire. De nombreux matériaux sont utilisés dans les années 1960: tel que l'Ivalon, l'Étheron, ou le Polystan .Toutefois le nombre important de complications liées entre autre à l'absence d'enveloppe autour de ces mousses synthétiques conduit à l'abandon de ces implants. En mars 1962, Franck J. ; Gerow et Thomas.D. Croninont lancent l'idée d'implanter des sacs de silicone solides, lisses et fermés contenant un sac semi-liquide.
Ce n'est que dans les années 1970 qu'un chirurgien suédois Tord Skoog adopte une innovation technique originale qui consiste à effectuer un décollement sous le peaucier du cou et permet ainsi un glissement vers le haut avec sutures du bord postérieur du peaucier au bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien de façon à soulager la mise en tension de la peau.
Les chirurgiens plasticiens pratiquent actuellement un nombre croissant de liftings segmentaires qui correspondent à des demandes de rajeunissement d'une partie du visage : fronto-temporaux, étage moyen (pommettes, joues et plis naso-géniens), cou (remise en tension du muscle peaucier du cou souvent accompagnée d'une liposuccion). Pour minimiser les cicatrices et limiter les oedèmes postchirurgicaux, ces gestes peuvent être effectués sous endoscopie.
D'abord baptisée liposuccion ou lipo-aspiration, la technique permettant l'extraction définitive des surcharges graisseuses localisées sous la peau constitue un tournant historique dans l'évolution de la chirurgie plastique et esthétique. Quand il met au point cette technique en juin 1977 Yves Gérard Illouz ne se doute pas qu'il va être à l'origine d'une véritable révolution dans le domaine de la chirurgie esthétique. Cette technique qui permet de diminuer considérablement la longueur des cicatrices des plasties mammaires et abdominales, ainsi que celles des liftings cervico-faciaux.
La greffe de visage constitue l'intervention du XXIème siècle. Cette opération techniquement réalisable soulève de sérieuses questions éthiques. Comment vivra le receveur, qui héritera du jour au lendemain d'un nouveau visage ? Comment va réagir la famille du donneur, lorsqu'elle verra le visage de la personne décédée ? Nous sommes à la veille d'une nouvelle ère pour la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique comme le rappelle justement Maurice Mimoun « On en est encore au stade de la réflexion ; les premiers greffés devront savoir qu'ils participent à l'aventure de l'humanité. ».