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Dopage : la traque aux molécules dopantes - 24/01/2013

Carte blanche à : Jean-Luc Veuthey
Vice-Recteur de l’Université de Genève

Jusqu’à la fin des années 1970, on se dopait principalement avec des molécules exogènes, c’est-à-dire celles que notre corps ne produit pas. Il s’agit généralement de petites molécules (dont les masses molaires sont de l’ordre de 200 à 500 grammes par mole) telles que les amphétamines ou des dérivés de la morphine, produits stimulants ou analgésiques.

Produits stimulants, produits analgésiques : les molécules exogènes ont longtemps été utilisées dans le dopage
Produits stimulants, produits analgésiques : les molécules exogènes ont longtemps été utilisées dans le dopage. © DR

Depuis les années 1980, des molécules endogènes sont de plus en plus utilisées et brouillent les pistes ; ce sont celles que notre corps synthétise déjà, comme la testostérone. Apparaissent également de grosses molécules telles que l’EPO, l’hormone de croissance, etc., dont les masses molaires sont supérieures à 10.000 grammes par mole. Ces molécules endogènes compliquent le contrôle antidopage : comment les laboratoires d’analyse vont-ils savoir si une molécule provient de notre organisme ou d’un apport extérieur ?

L’apport externe de testostérone chez les sportifs de compétition est interdit depuis 1984.
L’apport externe de testostérone chez les sportifs de compétition est interdit depuis 1984. © DR

Ainsi, le dopage n’a cessé de se diversifier, d’évoluer, de jouer de la confusion entre ce qui provient de notre corps et ce qui est apporté artificiellement.

Évolution des pratiques en matière de dopage.
Évolution des pratiques en matière de dopage. © DR

Au point de se demander si nous en arriverons aux manipulations génétiques : ce que l’on a pu faire avec des manipulations génétiques sur des organismes vivants, le fera-t-on chez l’homme afin de créer des super athlètes ?