Olivier Namy
 

Attention aux piqûres et morsures ! - 19/05/2004

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Bien qu'il existe un certains nombre de morsures occasionnées par des serpents "exotiques" importés par des collectionneur, nous nous limiterons au cas le plus commun qui concerne les vipères.

Dans nos contrées les morsures de vipère représentent la grande majorité des cas répertoriés. En Europe, on estime entre 15.000 et 20.000 le nombre de morsures par an, dont seulement 50 environ entraînent un décès.

Trois espèces de vipères sont présentes en France : la vipère aspic, présente sur la majorité du territoire (absente dans le Nord-Ouest), la vipère péliade, présente dans la moitié nord de la France, et la petite vipère d'Orsini, présente dans le sud des Alpes. Les vipères sont de couleur très variable ; elles sont identifiables principalement par leurs pupilles lenticulaires, leurs grosses écailles sur la tête triangulaire et leur corps trapu. Le risque de confusion est grand avec la couleuvre vipérine, qui présente un motif en zig-zag similaire sur le dos, et qui inquiétée gonfle le cou, ce qui donne un aspect triangulaire à sa tête.

De nombreuses morsures sont dites "sèches", c'est à dire sans venin (environ 90% des morsures). Lorsque le venin est injecté les effets sont visibles et quasiment immédiatement, douleur au niveau de la morsure, un œdème. Des effets plus généraux peuvent survenir plusieurs heures après la morsure (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales etc.…). Identifier la morsure est facile, on peut observer la trace des deux crochets séparés de 5 à 10mm. A noter que chez certains serpents c'est la salive qui contient le venin.


Une vipère - © Photo E. Vandecasteele

La conduite à tenir en cas de morsure est d'allonger la victime et de la rassurer. Prévenir ensuite rapidement un service d'urgence (pompier, ou SAMU), ne posez en aucune cas un garrot, il pourrait provoquer la mort de la personne mordue par relargage brutal du venin, accumulé dans le membre mordu, vers le cœur. Ne pratiquez aucune incision, ne tentez pas d'aspirer le venin par la bouche, c'est inutile et potentiellement dangereux. Le thé, l'alcool ou le café sont aussi à proscrire dans la mesure ou ils accélèrent les battements du cœur. L'injection d'un sérum antivenimeux ne doit être effectué que sur avis médical. Il existe en effet des risques d'allergies, et certains sérums sont très spécifiques d'une espèce. Les réactions allergiques viennent du fait que les sérums sont d'origine équine, et que l'injection des ces anticorps provoque une forte réaction immunitaire. Plus récemment des sérums d'origines ovine sont disponibles ; ils semblent plus efficaces et moins allergisants. Les venins ont en moyenne une demi-vie de 8h, avec un pic de concentration dans les premières de la morsures (jusqu'à 4h). Les anticorps constituant le sérum vont avoir pour but de reconnaître et de se fixer sur les constituants du venin et ainsi de les inactiver. Le système immunitaire pourrait lui aussi produire des anticorps neutralisant, cependant les délais d'actions des toxines sont beaucoup trop courts pour laisser le temps au système immunitaire de mettre en place la réponse appropriée. D'où intérêt d'injecter les anticorps.

A savoir :

  • toutes les espèces de reptiles sont protégées sur le territoire français.
  • la couleuvre de Montpellier possède des crochets à venin, mais situés trop en arrière de la gorge pour pouvoir injecter du venin lors d'une morsure.

Pour toutes les morsures de reptiles non venimeux, une bonne désinfection est suffisante.

  • Les arachnides

a) Les araignées


Epeire - © Philippe Mespoulhé

Si les araignées de nos maisons sont inoffensives, certaines rencontrées dans les régions sauvages sont potentiellement dangereuses. En France, la seule espèce dangereuse est la "veuve noire" ou Latrodectus mactans tredecimguttatus. Présente notamment en Corse, elle est aussi présente dans le sud et remonte le long du littoral atlantique jusqu'en Vendée et dans le Morbihan. Présente dans les pays méditerranéens, tels que l'Espagne, l'Italie. Seule la femelle est dangereuse, elle est reconnaissable par la présence de points rouges.(on rencontre parfois des individus à l'abdomen noir, mais présentant une tache rouge en dessous).

La neurotoxine présente dans le venin déclenche des douleurs musculaires sévères. Les antidouleurs classiques (tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens) sont inefficaces pour calmer la douleur. Seul l'administration de l'antivenin spécifique permet de faire disparaître la douleur, cependant celui-ci n'est utilisé que dans les cas d'envenimation grave.

Les cas de morsures mortelles sont rarissimes, et semblent le plus souvent liées à des crises cardiaques liées à l'intense douleur de la morsure et à la peur.


Une araignée "veuve noire" ou Latrodectus mactans tredecimguttatus. © Photo U Marinu - Norbert Verneau

Dans tous les autres cas de morsure par des araignées que l'on trouve sous nos latitudes, une bonne désinfection de la plaie est nécessaire, afin d'éviter la surinfection par des bactéries présentes sur la peau ou dans l'environnement. Certaines araignées tropicales, sont extrêmement dangereuses voir mortelle. Dans ce genre de cas, contacter immédiatement les services de secours les plus proches.

b) Les scorpions


Buthus Occitanus - © Photo: Jan Ove Rein

Parmi les nombreuses espèce de scorpions connues, seules environ 25 sont dangereuses pour l'Homme, 5 espèces de scorpions sont présentes dans le sud de la France.


Mesobuthus gibbosus © Photo: Dietmar Huber

Le plus gros est le scorpion languedocien (Buthus Occitanus), de couleur jaune et environ 60-80 mm de long à l'âge adulte. 3 autres espèces apparentées sont plus petites (30 à 50mm) et plus sombres (Euscorpius flavicaudis, Euscorpius Italicus, Euscorpius tergestinus).


Mesobuthus cyprius - © Photo: Jan Ove Rein

Enfin Belisarius Xambeni est une espèce cavernicole relativement rare, de 30-40mm, pâle, présente dans le sud-est des Pyrrénées. On les considère généralement comme inoffensifs pour l'homme et en tout cas ne pouvant entraîner la mort.


Belisarius xambeui - © Serge Mallet

Le seul dont la piqûre est à considérer avec prudence est le scorpion languedocien, mais d'après la littérature seulement pour les spécimens rencontré hors Europe, en particulier la sous espèce Buthus occitanus tuneatanus. Le scorpion le plus fréquemment rencontré en France est Euscorpius flavicaudis.



Euscorpius alpha - © Photo: Jan Ove Rein

c) Les tiques

Les tiques sont des arthropodes que l'on rencontre dans les sous-bois, les lisières ou les bords de chemins. Chacun des stades de leur développement nécessite la ponction de sang sur l'animal ou l'Homme. La morsure est le plus souvent indolore et seul un examen méticuleux du cuir chevelu et de la surface du corps (principalement le pli de l'aine, derrière le genou, et sous le bras) permet d'identifier la présence des tiques. Les périodes les plus propices aux tiques sont de mai à juin puis de septembre à octobre.


Tique

Les tiques en elles-mêmes ne sont pas dangereuses, bien que certaines femelles adultes rares en Europe, peuvent secréter durant leur période de reproduction une neurotoxine dans leur salive pouvant provoquer une paralysie. En revanche, les tiques sont des vecteurs pour certains bactéries et virus pathogènes, elles sont donc dangereuses en raison du risque de transmission de maladies. Diverses maladies peuvent être transmises par les tiques, nous n'aborderons ici que trois d'entre elles. De 10 à 30% des tiques sont porteuses d'une bactérie Borrella responsable de la maladie de Lyme. Le risque d'infection augmente avec la durée de fixation de la tique. Dans le cas d'une fixation prolongée, il est préférable de recevoir un traitement antibiotique,afin de limiter les risques d'infection. La seconde maladie transmise par les tiques est l'encéphalite à tiques. L'agent responsable de cette maladie est un virus (TBF-virus). Les premiers symptômes correspondent à un état grippal, qui est ensuite suivi d'une atteinte neurologique. Une hospitalisation est souvent nécessaire. Ce virus est principalement présent en Europe Centrale, mais aussi dans le Nord Est de la France. Il existe un vaccin recommandé notamment pour les populations à risques. La troisième infection est la fièvre boutonneuse méditerranéenne conférée par un virus qui guérit spontanément la plupart du temps.


Représentation d'une tique

Dans tous les cas il est recommandé de retirer soigneusement la tique, en prenant soin de ne pas la casser. La meilleure façon de se prémunir est de s'examiner de la tête aux pieds après chaque sortie dans la nature, principalement dans les zones d'élevage ou les zones à forte densité en gros gibier.

  • Les Fourmis




Fourmi

Les fourmis les plus dangereuses sont présentes en Amérique centrale, aux sud des Etats-Unis, et en Australie.
Les fourmis présentes en France et en Europe sont peu dangereuses. Certaines espèces sont pourvues d'un aiguillon (ex. : Myrmica, « fourmis rouges ») à l'aide duquel elles attaquent les intrus, d'autres espèces mordent avec leurs mandibules, et déposent de l'acide formique sur les plaies, voire le projettent parfois à quelques cm (ex. Formica).

En cas de morsures/piqûres, comme pour toutes les morsures et piqûres d'insectes, désinfecter la plaie.
Si une réaction allergique importante apparaît (gonflement important, irritation…) consulter un médecin.