Il ne se passe pas une semaine sans que nous entendions parler de virus informatique. L'heure de l'Internet les a rendus encore plus fréquents. Ce mal ronge nos réseaux et nos ordinateurs. Vous pourrez trouver une description technique du virus informatique à cette page. Il existe beaucoup de similitudes entre le virus biologique et le virus informatique.
Rappelons rapidement les propriétés que doit posséder un virus informatique :
Les virus informatiques ont les mêmes objectifs primitifs que les organismes vivants, survivre et se reproduire. Le virus informatique va surmonter les obstacles liés à un environnement qui pourra le détruire et le rendre inopérant. Libéré il acquiert une certaine autonomie (par exemple le virus Jérusalem existait toujours cinq ans après sa création et cela malgré l'évolution des systèmes d'exploitation, des ordinateurs et des anti-virus). Les informaticiens utilisent un vocabulaire très proche de celui des biologistes pour définir les virus comme par exemple:
Il serait intéressant de mettre en parallèle le virus informatique et son homonyme biologique pour lequel la plupart des biologistes le classent dans les organismes vivants.
Les principales analogies observées
Virus informatique | Virus biologique |
est un programme contenant son sous-programme de reproduction | est un micro-organisme contenant son propre patrimoine génétique (brin d'ADN ou d'ARN suivant le type de virus). |
ne s'attaque qu'à certains programmes | est spécifique à une famille de cellules (ex: le virus HIV s'attaque aux cellules du système immunitaire, les lymphocytes). |
ne peut se reproduire que par duplication du code viral | Le virus biologique se reproduit également par réplication de son code génétique dans d'autres cellules |
modifie un programme en lui faisant exécuter d'autres tâches | modifie le code héréditaire de la cellule contaminée |
peut se déclencher immédiatement ou après un temps de latence. | peut se déclencher immédiatement ou après un temps de latence. |
énergie sous forme d'électrons | énergie vitale puisée au sein de la cellule contaminée |
peut se transformer, devenant ainsi difficile à détecter et peut disparaître du programme hôte après s'être multiplié. | peut se transformer afin de ne pas être détecté par les défenses immunitaires de l'organisme infecté et il peut aussi disparaître de la cellule hôte après s'être multiplié. |
Les programmes infectés génèrent de nouveaux programmes | une cellule contaminée produit des virions, progéniture du virus initial. Dans ce cas de réplication, les virus peuvent produire des dégâts irréparables, programme inutilisable et cellule hôte phagocytée. |
un programme qui aura déjà été en contact avec un virus bien précis ne pourra pas être contaminé une seconde fois | Il en sera de même pour le virus biologique, puisque son contact avec un organisme déclenche une réaction de séropositivité. |
le mode de protection virale est sous forme d'un anti-virus contre les attaques éventuelles d'un virus informatique | le mode de protection est sous forme d'un vaccin qui déclenche par son injection une réaction d'immunodéficience, ainsi l'organisme se trouve en contact avec le virus à l'état inactivé, d'où réaction immunitaire immédiate. |
La propagation et les dégâts occasionnés par les deux types de virus sont similaires. De plus, on note une ressemblance dans leur mode d'action. De même les méthodes de prévention, détection, vaccination et destruction des deux types de virus sont souvent comparables. | |
le virus informatique n'est pas réellement capable d'évolution. Mais il est vrai, que nous pourrions développer dans un virus informatique, un sous-programme d'apprentissage(par exemple, noter les anti-virus qu'il repére). | Capable d'évoluer |
Pas d'émergence | C'est l'émergence, c'est à dire qu'une vie organique aura une réaction que nous ne sommes pas capables de prévoir à 100%, même pour des êtres unicellulaires |
Les virus informatiques et biologiques ont donc de nombreux points communs. Mais nous noterons aussi une différence importante : le manque d'émergence.
Devons nous classer les virus informatiques dans la vie artificielle ?
Voici les propriétés minimales que nous retrouvons dans tout système de vie artificielle :
Définition générale | cas du virus informatique |
L'être humain a contribué au processus d'apparition de tout système de vie artificielle ; | oui |
Un système de vie artificielle est autonome ; | oui, il se reproduit et se propage seul |
Un système de vie artificielle est en interaction avec son environnement ; | oui, il analyse les fichiers, les sélectionne, les modifie |
Il y a émergence de comportements dans un système de vie artificielle ; | Non, nous n'avons pas de nouveaux comportements qui apparaissent |
les 3 propriétés suivantes ne sont pas indispensables mais reste néanmoins très présentes | |
Un système de vie artificielle peut se reproduire lui-même | Oui |
Un système de vie artificielle possède une capacité d'adaptation ; | Oui, les virus fonctionnent avec des fichiers divers, avec des tailles de fichiers différentes, avec des systèmes d'exploitations différents |
Un système de vie artificielle n'est pas une unité. A l'opposé de la vie, un système de vie artificielle peut être réparti en plusieurs endroits : exemple, un robot et un ordinateur peuvent effectuer les calculs reliés par ondes. Même à l'intérieur d'un ordinateur, rien ne garantie que les octets de ce système sont tous regroupés. | oui |
Dans le cas de l'émergence d'un comportement, le virus informatique présente un manque. C'est une propriété fondamentale de notre définition. Certains virus informatiques répondent peut-êtreà ce critère, mais nous n'en connaissons pas. Malgré cela le virus informatique reste un sujet fortement intéressant pour les passionnés de vie artificielle. C'est l'un des exemples qui a le plus d'autonomie.
Il est à rappeler aussi que John Stewart ne classe pas les virus biologiques dans la vie, et ayant conçu notre définition avec sa collaboration, il est logique de retrouver un résultat similaire.
Actualités |
Dossiers |
Glossaire |
Fonds d'écran |
Livres |