La France est totalement dépendante en termes d’approvisionnement en uranium. La dernière mine d’uranium située sur le territoire français a fermé en 2001. Actuellement, tout l’uranium utilisé en France provient de l’étranger. L’uranium qu’a produit le groupe AREVA NC en 2005 (plus de 6000 tonnes d’uranium soit 10 % de plus qu’en 2003) provient de sites situés à l’étranger, principalement au Canada, au Niger et au Kazakhstan.
Le Bouchet, berceau du nucléaire - Voir aussi : La plaquette de présentation du centre du Bouchet en Pdf, 4,2 Mo (1961). Informations tirées du site http://www.dissident-media.org/infonucleaire/hist_bouchet.html
L'usine du Bouchet, située à 40 km au sud de Paris, entre Saint-Vrain et Ballancourt, fut la première usine française de fabrication d'uranium. « La tâche des premiers exploitants relevait plus de l'acrobatie chimique et technologique que de la simple industrie, tous les ingénieurs et techniciens chimistes étaient des débutants »

-- En 1948, 17 t de minerai d'origine belge y sont épurées.
-- En 1949, le CEA a extrait la première tonne d'uranium métal français.
-- De 1949 à fin 1956, Le Bouchet réceptionne du minerai de haute qualité pour la concentration et le raffinage.
-- Dès 1956 le CEA exploite du minerai moins riche et des usines de traitement ont été construites près des mines.
-- Dès 1958 la capacité s'est stabilisée à 500 t/an
-- En 1969 et 1970 l'usine produit 159 t d'uranium appauvri, provenant de La Hague.
-- L'usine a aussi fabriqué de l'UF4 pour transformation en UF6 à Pierrelatte.
Les déchets comprenaient :
- Effluents atmosphériques : particules provenant du grillage en plein air.
- Effluents liquides : solution issue de la purification
- Déchets solides : boues du traitement
-- En 1967, le CEA estime que l'usine a traité 5 400 t de concentrés pour 935 t d'uranium et 2 892 t de thorium.
L'uranothorianite est beaucoup plus active que le minerai de thorium et d'uranium normalement traité.
-- 1971-1979 Démantèlement du centre du Bouchet par le CEN Saclay
-- 1979 Le CEA remet les lieux à la Société nationale des poudres et explosifs
Le parc est clôturé et le site surveillé dans le cadre d'une convention entre le CEA et la SNPE.

Un feu d'artifice spectaculaire - Pour les premiers traitements, la matière première était constituée par quelques tonnes d'oxyde U3O8, l'oxyde noir, rassemblées par Joliot Curie à la veille de la guerre et cachées au Maroc pendant l'occupation. Ensuite on traita un lot d'uranate de soude d'origine belge puis des minerais riches (3 à 10 % !) et enfin les concentrés livrés par les usines de concentration de l'Hexagone. Le traitement des minerais connut un nouvel essor à partir de 1957 avec l'arrivée de l'uranothorianite de Madagascar.
Le produit fourni par l'usine fut d'abord de l'oxyde UO2 pour Zoé puis des lingots d'uranium métallique. Pour obtenir celui-ci, il faut passer par l'intermédiaire du tétrafluorure UF4. Au début, ce sel était préparé en touillant l'oxyde UO2 avec de l'acide fluorhydrique en solution aqueuse dans des cuves ébonitées, ce qui donnait lieu ensuite à d'interminables filtrations, lavages et séchages... et à un produit médiocre. Ce dernier était réduit en métal par calciothermie, opération fort appréciée des visiteurs pour son feu d'artifice spectaculaire, mais non irréprochable sur les plans du rendement et de l'hygiène.
La mise au point de la fluoration par voie sèche d'une part, les perfectionnements de la calciothermie puis le passage à la magnésiothermie d'autre part, mirent fin à ce folklore industriel. Jean SAUTERON
Aujourd’hui, l’approvisionnement en uranium des 58 réacteurs d'EDF dépend de l'immense usine d'enrichissement d'Areva, sur le site nucléaire du Tricastin. Cette installation stratégique porte le nom de Georges Besse, fondateur d'Eurodif, assassiné par Action directe en 1986.

Areva présentée par elle-même… Septembre 2001
Création du groupe industriel Areva regroupant l'ensemble des activités de Cogema, Framatome ANP et FCI. AREVA est le seul Groupe au monde maîtrisant et exploitant la totalité des activités dans le domaine nucléaire : étapes du cycle du combustible, réacteurs, instrumentation, contrôle et mesures, ingénierie...
« Avec une présence industrielle dans 41 pays et un réseau commercial couvrant plus de 100 pays, AREVA propose à ses clients des solutions technologiques pour produire de l'énergie sans CO2 et acheminer l'électricité en toute fiabilité. Leader mondial de l'énergie nucléaire, le groupe est le seul acteur présent dans l'ensemble des activités industrielles du secteur.
Ses 61 000 collaborateurs s'engagent quotidiennement dans une démarche de progrès continu, mettant ainsi le développement durable au cœur de la stratégie industrielle du groupe.
Les activités d'AREVA contribuent à répondre aux grands enjeux du XXIe siècle : accès à l'énergie pour le plus grand nombre, préservation de la planète, responsabilité vis-à-vis des générations futures.
Le groupe dispose d'implantations industrielles dans 40 pays et d'un réseau commercial dans plus de 100 pays. AREVA vise à renforcer sa présence internationale de manière équilibrée entre l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie.
Pour plus d'informations : http://www.areva.com »

Comurhex, Pierrelatte présenté par Areva NC - Le texte a été partiellement modifié pour les besoins de ce dossier, pour obtenir l’information dans sont intégralité, voir le site de la compagnie.
L'usine Comurhex de Pierrelatte est située sur le site nucléaire du Tricastin, dans la vallée du Rhône, entre Drôme et Vaucluse.
Conversion de l'uranium naturel
Cette usine transforme le tétrafluorure d'uranium (UF4) en hexafluorure d'uranium (UF6). Ce produit intermédiaire est la 2ème étape de conversion de l'uranium. Elle produit également de l'UF6 à partir d'uranium de retraitement en provenance de La Hague. Certains Réacteurs en Eau Pressurisée (REP) utilisent cet uranium de retraitement comme combustible.

1er producteur européen de fluor
Le fluor nécessaire aux opérations de conversion y est produit en continu. Grâce à son savoir-faire, l’usine a développé une gamme de produits fluorés :
* fluor azote : imperméabilisation des réservoirs automobiles,
* trifluorure de chlore : microélectronique et nettoyage des barrières de diffusion gazeuse,
* hexafluorure de tungstène.
Un programme de surveillance a été mis en place avec les autres entreprises du groupe AREVA implantées sur le site du Tricastin et, chaque année, près de 21 000 analyses sont effectuées sur 9 500 échantillons prélevés dans le milieu naturel en 200 points répartis sur le site et dans son environnement.
Les résultats sont publics après vérifications et calculs spécialisés. Les rejets liquides et gazeux sont traités et contrôlés afin d'en extraire les éléments radioactifs et chimiques. Des installations certifiées ISO 14001 depuis 2003. Cette certification internationale garantit que ses activités respectent des normes environnementales rigoureuses.
Dans un contexte en pleine évolution, les établissements AREVA du Tricastin ont demandé à l’INERIS (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques) de réaliser une étude d’évaluation des risques sanitaires (ERS) liés au fonctionnement des établissements de la plateforme du Tricastin.
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