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David Bismuth
 

Le projet "Eden Again" en Irak - 19/06/2003

  • Espèces menacées présentes en Mésopotamie

Cette liste est basée sur la liste 2000 de l'IUCN (Hilton-Taylor, 2000).

Parmi les oiseaux :

- En situation critique : Coulis à bec grêle (Numenius tenuirostris) : peut-être encore un rare migrateur.


Coulis à bec grêle

- En danger : Erismature à tête blanche(Oxyura leucocephala).


Erismature à tête blanche

- Vulnérables : Oie naine ( Anser erythropus), Bernache à cou roux (Branta ruficollis), Sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris), Haliaeetus leucoryphus, Aigle criard (Aquila clanga), Aigle impérial (Aquila heliaca), Faucon crécerelette (Falco naumanni), Râle des genêts (Crex crex), Vanneau sociable (Vanellus gregarius).


Aigle criard


Faucon crécerelette

- Dépendants de mesure de protection : Pélican frisé (Pelecanus crispus), autrefois un hivernant commun et probablement aussi un ancien nicheur. 10% de la population mondiale hivernait en Mésopotamie dans les années 1970.

- En diminution : Cormoran pygmée (Phalacrocorax pygmeus), autrefois un résident commun et toujours présent dans les marais Hawizeh/Hawr Al Azim en 2002 (M. Moser, com. pers.) - Fuligule nyroca ( Aythya nyroca), un hivernant rare et probablement nicheur en petit nombre - Pygargue à queue blanche ( Haliaeetus albicilla), nicheur autrefois et aujourd'hui hivernant en petit nombre - Bruant cendré ( Emberiza cineracea). Le Vautour moine ( Aegypius monachus), le Busard pâle ( Circus macrourus), l'Outarde canepetière ( Tetrax tetrax), l'Outarde houbara (Chlamydotis undulata), et Bécassine double ( Gallinago media étaient autrefois des hivernants communs. La Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis) est limitée au sud de l'Irak, et peu d'informations sont disponibles sur son statut.


Busard pâle


Anhinga roux

- Sans données : Glaréole à ailes noires (Glareola nordmanni).


Glaréole à ailes noires

Parmi les mammifères :

- En situation critique : Daim de Mésopotamie (Dama dama mesopotamica), éteint en Irak.


Daim de Mésopotamie

- Vulnérables : la Loutre commune (Lutra lutra) et la Loutre à lunettes (Lutra perspicillata) endémique à la région.


Loutre

- En diminution : Hyène rayée (Hyaena hyaena), Gazelle à goître (Gazella subgutturosa). Le Bendicot des marais (Erythronesokia (Nesokia) bunnii) a été découvert en 1970 dans les marais centraux, son statut est inconnu.

  • Inventaires à faire

Des inventaires de la faune et de la flore doivent être conduits, et une équipe de Birdlife Internationale est présente sur place. En effet, les dernières études datent des années 1980.

Une étude éco-toxicologique doit être menée avant le retour de l'eau.

Une banque de graines doit être mise en place.

Les vestiges de marais doivent être inventoriés et protégés, en particulier les zones de marais permanents.
Un modèle d'évolution de la salinité des sols devra être mis en place.

  • Espèces phares, importantes et pivots

- Espèces phares : Elles sont symboliques des marais de Mésopotamie et sont " charismatiques ", spectaculaires ou utilisées historiquement par les populations locales. L'Anhiga roux, l'Ibis sacré, le Pélican frisé, l'Aigle impérial, le Chat des marais (Felis chaus), la Loutre à lunettes (Lutra perspicillata maxwellii) et le Loup gris (Canis lupis) en font partie. Le Buffle d'eau (Bubalus bubalis) est une espèce phare culturellement importante. La loutre, le loup et le Chat des marais pourront être réintroduits si les responsables en sont d'accord.

- Espèces importantes : Elles servent d'indicateurs du bon état de l'écosystème, et sont choisies pour représenter les différents écosystèmes. Des études devront être menées pour les choisir : la Rousserolle d'Irak, le Cratérope d'Irak, la Sarcelle marbrée, l'Hypocolius gris, la Loutre commune sont des espèces potentielles.


Les marais de Mésopotamie abritent encore de fortes populations de Sarcelles marbrée (Marmaronetta angurostris)
Photo : Arthur Grosset / ArthurGrosset.com.

- Espèces pivots : Elles jouent un rôle essentiels dans le fonctionnement de l'écosystème. Le Roseau géant Phragmites australis) est ainsi essentiel et joue un rôle écologique et économique. Il convient donc de favoriser les conditions de son installation : des sols inondés avec 70 cm à 1,25 m d'eau courante.

  • Perspectives

Ce rapport dont nous vous avons présenté des extraits a permis de synthétiser les informations disponibles à un moment donné, et doivent être confirmées par des données de terrain.

L'ITAP recommande les actions suivantes lors de la première année :

- Mettre en place une structure comprenant des spécialistes des marais, des habitants et des associations, afin de conseiller pour les décideurs.

- Mettre en œuvre de petits projets dans les marais centraux et Hammar et un plus vaste projet dans les marais Hawizeh, en profitant de la saison d'inondation d'automne.

- Mettre en place une coopération internationale.

- Une fois les avant- projets commencés, utiliser les informations collectées pour établir un nouveau plan d'actions.

Copyright photos : Nasa - Unep - Université de Hambourg (biologie)