Ce qui est directement connaissable est fini. L'idée d'infini surgit pourtant dès que nous pensons. Selon Emmanuel Levinas, « l'infini désigne la propriété de certains contenus offerts à la pensée de s'étendre au delà de toute limite »
.
Mais l'infini peut-il se rencontrer dans la Nature, et dans la physique qui cherche à la représenter ? Est-il présent dans le monde, dans les choses ? Constitue-t-il une dimension effective et multiple de la réalité ? Ou bien réside-t-il seulement dans notre esprit, fiction nécessaire à la pensée à quoi nulle réalité physique ne saurait correspondre ? Ce dilemme est déjà entièrement explicité par Aristote.
Chaque grandeur (mouvement, espace, temps,…) est soumise à l'alternative d'être limitée ou illimitée. Cependant, la Physique d'Aristote considère que les seules entités effectivement données et les seuls processus effectivement exécutables sont finis. Elle n'interdit pas pour autant d'envisager « par commodité » des notions impliquant l'infini, mais sans leur accorder d'existence réelle : l'infini serait potentiel et non pas actuel.
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