Le chrome est un élément chimique de symbole Cr et de numéro atomique 24. Son étymologie vient du grec chroma signifiant couleur, car les composés du chrome sont différemment colorés.
Le chrome et l'organisme humain
Son mode d'action n'est pas encore totalement élucidé, mais on sait que le chrome agit comme cofacteur de l'insuline, facilitant ainsi l'assimilation du glucose par les cellules.
Quelques aliments riches en chrome : le foie de veau, les céréales complètes, le fromage, les prunes, les brocolis, les haricots verts, la bière. Il semble que l'agriculture intensive et le raffinage réduisent la teneur en chrome des aliments.
Caractéristiques du chrome


Le chrome et l'industrie

Le chromage dur : le plus glissant, et un des plus durs, des revêtements anti-usure. D'un excellent rapport qualité-prix, il permet la protection de pièces neuves et le rechargement de réparation. Le chrome dur est alimentaire et ne nuit pas à l'environnement.

Le chrome dur est un revêtement par électrolyse qui s'applique sur tous types de supports : acier, inox fonte, alliages cuivreux, bronze, aluminium etc.
Il est employé pour la réparation de pièces usées et pour le traitement préventif de pièces neuves.
On retrouve le chrome dur dans tous secteurs d'activités : automobile, sidérurgie, mécanique, agro-alimentaire, aéronautique, hydraulique, imprimerie, verrerie, fonderie, travaux publics, métallurgie, recyclage déchets industriels, papeterie, pneumatique, textile, plasturgie, outillage, médical, etc.
Il résiste à pratiquement tous les agents chimiques (sauf acide chlorhydrique), même à haute température. Il est inoxydable jusqu'à 800 °C. Sa dureté exceptionnelle est de 1.000 à 1.100 vickers.
Le coefficient de frottement chrome/acier est diminué de moitié par rapport au coefficient acier/acier. Le chromage dur offre un très bel aspect et adhère très bien à son support (accroche moléculaire). Les lignes de chromage dur récentes totalement informatisées peuvent atteindre des capacités de bains de 50.000 litres.
Le chrome et la pollution

Un exemple à Genève : (extrait du site officiel de la ville de Genève)
« Le 19 décembre 2000, monsieur Cramer, conseiller d'État, chargé du département de l'intérieur, de l'agriculture, de l'environnement et de l'énergie, a rappelé l'importance de l'établissement d'un cadastre des sites contaminés à l'occasion de la présentation d'un cas de site nécessitant un assainissement rapide.
Des fouilles et des forages ont été réalisés sur la parcelle et des échantillons de sol ont été analysés. Les résultats de ces analyses montrent que la pollution du sol par le chrome VI est localisée principalement sur la parcelle. La concentration est très importante sous le dallage de l'atelier de chromage (326 mg/kg) et elle diminue en profondeur (5,4 mg/kg à 6 mètres de profondeur). Des pollutions d'extension et d'intensité plus limitées ont également été mises en évidence par les analyses, notamment pour les cyanures et d'autres métaux lourds (plomb, cadmium, zinc). Un forage a été réalisé, en limite de la parcelle, pour prélever l'eau de la nappe souterraine et effectuer des analyses. Les concentrations de Cr VI mesurées (max. 0,29 mg/l, min 0,14 mg/l) démontrent clairement que la nappe d'eau souterraine est atteinte localement, que le site est contaminé et qu'il y a nécessité d'assainir. »
Un autre exemple dans l'Oise :

« Cas de la nappe de la craie de la vallée de l'Aronde (Oise) : une langue de pollution ponctuelle par le chrome hexavalent (de 2 km de long sur 200 m de large) a contaminé un captage public, suite aux rejets des eaux de rinçage et de bains par une usine de chromage dans un bassin et un puisard. Les concentrations en ce métal lourd variaient de 3,5 mg/L en amont à 0,8 mg/L en aval. Après cinq ans de pompage de dépollution, les valeurs au captage ont chuté de 0,4 mg/L à 0,005 mg/L. » (Mme A. Desbordes - Pollutions des eaux souterraines en Picardie. Mém. Maîtrise BG, Fac. Sciences, Amiens, 50 p. + annexes.-2000-)

Les sols de la Réunion, entre autres, sont très riches en éléments traces métalliques, des micropolluants potentiels des rivières, des sols et de nos assiettes. Une équipe du Cirad a récemment démontré que ces éléments ont, sur l'île, une origine naturelle. Aujourd'hui, des travaux portent sur l'étude de leur mobilité ainsi que sur les risques de toxicité dans l'alimentation. (Cirad, La recherche agronomique au service des pays du sud, voir bibliographie)
La toxicité du chrome
L'Organisation mondiale de la santé a fixé à 0,050 mg/litre la concentration de Cr6 à ne pas dépasser dans les eaux.
La plupart du chrome de l'air se dépose et finit dans l'eau ou dans le sol.
Dans le sol, le chrome se lie aux particules du sol et ne se déplace pas jusqu'à l'eau souterraine. Dans l'eau, le chrome est adsorbé sur les sédiments et s'immobilise, seule une très petite partie se dissout. L'eau transporte les métaux lourds, et les incorpore dans la chaîne alimentaire (algues -> plancton -> poisson, etc.). Même si les métaux lourds sont présents à l'état de traces, ils sont très dangereux à cause de la bioaccumulation dans les organismes.
Une intoxication aiguë peut provoquer une tubulonéphrite : blocage rénal. Une intoxication chronique entraîne des lésions cutanées et muqueuses avec atteinte respiratoire allant jusqu'au cancer bronchopulmonaire.
« Dans les eaux littorales, la contamination par le chrome est plus importante dans la phase particulaire que dans la phase dissoute. Les fleuves les moins contaminés présentent des concentrations en chrome dissous de l'ordre de 1 à 2 µg/l. En ce qui concerne le milieu aquatique, les organismes inférieurs sont plus sensibles que les poissons. De plus, le chrome hexavalent, qui est toxique pour la faune aquatique d'eau douce à une concentration relativement élevée, est peu toxique dans l'eau salée ». (Ifremer Monographie littorale de Basse-Normandie)
Bibliographie :
Sur Internet :