L’arsenic (As), de numéro atomique 33, fait partie de la famille des pnictogènes, présentant des propriétés intermédiaires entre celles des métaux et des métalloïdes. Son origine latine arsenicum est tirée du grec arsenikon (« qui dompte le mâle ») en raison de sa forte toxicité.
L’arsenic est largement répandu dans toute la croûte terrestre.
Sa présence dans l’eau provient de la dissolution de roches et de minerais ; dans certaines régions, les eaux souterraines en contiennent parfois des quantités importantes en raison de l’érosion. Les effluents industriels contribuent également à la présence d’arsenic dans l’eau dans certaines régions.
L’arsenic est d’autre part utilisé à des fins commerciales, principalement dans les alliages et les conservateurs du bois.
On peut trouver de l’arsenic inorganique dans l’environnement sous plusieurs formes mais, dans les eaux naturelles et donc dans l’eau de boisson, il se présente la plupart du temps sous forme d’arsénite trivalent (As(III)) ou d’arséniate pentavalent (AS(V)). Les formes d’arsenic organique, abondantes dans les poissons et les coquillages, sont beaucoup moins dangereuses pour la santé et facilement éliminées par l’organisme.
L’eau de boisson contenant de l’arsenic représente le plus grand danger pour la santé publique. Par ailleurs, l’exposition au travail ainsi que les effluents miniers et industriels peuvent être importants sur le plan local.
Effets sur la santé de l’arsenic
L’intoxication chronique par l’arsenic due à une exposition prolongée par le biais de l’eau de boisson est très différente de l’intoxication aiguë. Les symptômes immédiats caractéristiques d’une intoxication aiguë comprennent vomissements, douleurs oesophagiennes et abdominales et diarrhées sanguinolentes en « eau de riz ». Le traitement par chélation peut être efficace en cas d’intoxication aiguë mais ne doit pas être appliqué en cas d’intoxication due à une exposition prolongée.
La symptomatologie provoquée par l’arsenic semble être différente selon les individus, les groupes de population et les zones géographiques. Il n’y a donc pas de définition universelle de l’arsénicisme, ce qui complique l’évaluation de la charge de morbidité. De même, aucune méthode ne permet de distinguer les cancers internes dus à l’arsenic des cancers induits par d’autres facteurs.
L’exposition prolongée à l’arsenic présent dans l’eau de boisson est à l’origine de cancers de la peau, du poumon, de la vessie et du rein ainsi que d’autres changements cutanés tels que modifications de pigmentation et/ou hyperkératose. On a relevé, pour des concentrations d’arsenic dans l’eau de boisson inférieures à 0,05 mg/litre, un risque accru de cancer du poumon et de la vessie ainsi que de lésions cutanées liées à l’arsenic.
L’absorption d’arsenic par la peau est minimale de sorte que se laver les mains, se baigner, faire la lessive, etc. dans de l’eau contenant de l’arsenic ne comporte pas de risque pour la santé.
Source : OMS.