La réputation du bois de rose d'Océanie est prestigieuse. C'est un bois d'autant plus coté qu'il est devenu rare. Les Européens en firent un trafic éphémère car il fut si abusivement exploité qu'il finit rapidement par se raréfier.
Appellations
Autres noms communs du bois de rose :
Nom scientifique : Thespesia populnea – famille des Malvacées.
Distribution géographique et habitat
Espèce pantropicale. Ne fréquente que le littoral strict, parfois planté.

Description du bois de rose d'Océanie
Arbre de taille modeste au tronc court, surplombant le rivage, à l'écorce noirâtre, très rugueuse. Les fleurs ressemblent à celles du cotonnier ou du bourao mais elles ne s'ouvrent pas complètement. Le fruit globuleux, aplati à la base et pointu au sommet est indéhiscent. À maturité, la paroi extérieure est une coque ligneuse à l'aspect de vieux cuir. Il fructifie de juillet à septembre. Les graines flottent et sont disséminées par la mer.
Multiplication
Par semis. La graine sèche conserve son pouvoir germinatif à température ambiante. Pour une bonne germination, la scarification de la graine (du côté renflé) est indispensable.

Usages du bois de rose d'Océanie
Le nom de bois de rose est davantage dû à l'odeur de rose - en plus épicé - dégagée par la sciure fraîche, qu'à la couleur, rose foncé, du bois frais. L'odeur se dissipe avec le temps.
Le bois est assez léger et tendre, d'une couleur rouge carmin. Il est longuement veiné de brun. Après quelques années, il prend une magnifique couleur brun foncé à reflets fauves. Son grain est fin, il prend un beau poli et se travaille facilement. Il est recherché pour l'ébénisterie fine, la tabletterie, la marqueterie et la sculpture artisanale.

À cause du tronc petit et tourmenté, le bois n'est utilisable qu'en petits débits. De plus, avec l'âge, le bois de cœur pourrit et l'arbre devient creux. Autre inconvénient : au bout d'un certain temps, les artisans peuvent développer des allergies au niveau des muqueuses : éternuements, yeux rouges, problèmes de respiration et irritations cutanées.
Le suc jaune qui exsude des pédoncules est un remède populaire contre les piqûres du mille-pattes à Tahiti.
Les enfants fabriquent des totons avec les fruits verts en les traversant en leur centre avec un morceau de nervure centrale de foliole de cocotier. Jadis aux Marquises, le suc de l'écorce du tronc servait à teindre les tapas destinés aux nouveau-nés.
Les Tahitiens faisaient macérer de la sciure dans l'huile de coco pour la parfumer. Le jus extrait des racines au pouvoir colorant avait le même usage.
Avec l'écorce fibreuse, on peut confectionner des cordages, mais de moins bonne tenue qu'avec celle du bourao.
Le bois de rose jouait un rôle important dans l'ancienne civilisation polynésienne. Dans certaines îles, l'écorce cuite et dilacérée est donnée aux femmes et aux cochons pour les engraisser.
Bernard Suprin
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