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Les animaux les plus malins de la planète de Sally Boysen
En fin de compte, l’intelligence humaine serait le reflet de ce que mesurent les tests sur l’intelligence. Pourtant, cette définition est loin d’être satisfaisante. Il se peut que la définition de l’intelligence animale consiste plus à comparer une espèce à une autre ou à l’être humain, en s’appuyant sur notre propre expérience, nos observations et notre bon sens. Il apparaît évident qu’un singe capucin est plus intelligent qu’une sauterelle, mais cette comparaison repose sur les capacités que nous estimons communes aux singes et aux humains. Peut-être cette démarche anthropocentrique est-elle inévitable, car en tant qu’humains nous sommes avant tout familiers de notre propre comportement. Cependant, qu’est-ce qui guide notre pensée, notre comportement et, pour tout dire, notre intelligence ?

Intelligence animale et intelligence humaine
D’après notre connaissance actuelle du cerveau humain – une masse de tissu extraordinairement complexe de 1,4 kg qui gère le moindre instant de notre existence – nous savons que, grâce à un ensemble de mécanismes neuronaux et à la capacité de traitement des informations, nous jouissons d’un énorme potentiel en termes d’apprentissage et de plasticité comportementale. Certains scientifiques pensent que nos capacités intellectuelles sont clairement distinctes de celles des autres espèces, essentiellement en raison de l’extraordinaire apport que constituent le langage et la culture. D’autres scientifiques, cependant, considèrent l’intelligence comme partie intégrante de ce que Charles Darwin appelait le « continuum cognitif », à savoir une répartition de la complexité et des capacités cognitives variable d’une espèce à l’autre. Ce continuum commence avec l’organisme unicellulaire le plus élémentaire et s’étend à travers tout le règne animal. À l’extrémité du continuum figurent les animaux qui vivent au sein de structures sociales complexes et sont capables d’un apprentissage sophistiqué, ainsi que de coopération, d’altruisme, de réconciliation, d’empathie et d’utiliser des outils – comme les dauphins, les chimpanzés et les humains.
Il existe aussi des différences entre les animaux capables d’acquérir sans peine certains modèles complexes de comportement, comme les chiens qui réussissent à ouvrir une porte ou à rapporter un objet aux personnes handicapées. Les chiens sont domestiqués et élevés de façon sélective par les humains depuis des centaines de générations, en raison de leur haut degré de sociabilité et de leur exceptionnelle capacité d’apprentissage. Si, grâce à ces deux derniers aspects, les chiens passent pour relativement intelligents, il est probable, en réalité, que ce soit la combinaison de leur désir d’apprendre et de recevoir des récompenses d’une part, et de leur volonté programmée génétiquement de plaire à leur dresseur d’autre part, qui engendre les réussites que l’on connaît.