Comme pour les autres espèces animales, les principales maladies qui affectent les abeilles sont d'origine parasitaires, bactériennes ou virales. Elles peuvent tout aussi bien toucher le couvain que les insectes adultes. Les plus répandues et les plus dangereuses pour les colonies sont les loques, l'acariose, la varroase et la nosémose. Extrêmement contagieuses, elles sont soumises à des dispositions légales sous la tutelle des services vétérinaires de nombreux pays.

Parasite acarapis woodi
Les abeilles peuvent également être atteintes de virus sclérosant, déformant ou paralysant, ou victimes de prédateurs. Pour réduire le risque d'intrusion de grands animaux : rongeurs, lézards ou sphinx, certains apiculteurs ont protégé les accès des ruches (au niveau des planches d'envol) de grilles métalliques percées par des ouvertures juste assez larges pour laisser passer les hyménoptères.
Mais le risque sanitaire le plus sérieux, consiste en l'emploi par l'homme, d'insecticides systémiques pour traiter les semences. Deux substances actives, l'imidacloporide contenu dans le Gaucho, et le fipronil du Régent, sont soupçonnées d'être liés à la mortalité et à la désorientation des butineuses. A titre préventif, les produits incriminés sont interdits d'utilisation en France. Des décrets parus dans le Journal Officiel garantissent le respect de ces dispositions (source Cité des Sciences).
Cette triste réalité nous amène à reconsidérer sérieusement la place de l'abeille dans l'écosystème. En effet, ces hyménoptères assurent la pollinisation de 80 % des espèces végétales de notre planète, et la production de 84 % des espèces cultivées en Europe. Les populations sont en déclin un peu partout à cause de l'urbanisation, du remembrement et de la raréfaction des plantes qui procurent le nectar et le pollen. Le déclin des plantes mellifères est dû principalement à l'expansion des monocultures et à l'épandage inconsidéré d'herbicides, d'insecticides et autres fongicides.

Apis mellifera mellifera
Reproduction et utilisation interdites
Pour sauver les pollinisateurs, l'Europe a mis en place un programme qui a pour but d'évaluer les risques encourus par la biodiversité terrestre et aquatique. Le projet ALARM (Assessing Large-scale environmental Risks for biodiversity tested Methods) comprend quatre modules chargés d'étudier les effets des changements climatiques, de l'emploi des produits chimiques, l'impact sur nos écosystèmes des espèces invasives, et l'incidence des pollinisateurs. Les chercheurs de l'Inra sont partenaires du groupe « pollinisateurs » et sont chargés d'évaluer l'impact agronomique et économique de l'évolution des populations de pollinisateurs sur l'agriculture de l'Union Européenne (Source Inra).