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15 05 2008
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La forêt tropicale et sa biodiversité - 31/03/2008

Carte blanche à : François Catzeflis
Biologiste Directeur Recherche CNRS

Réponse : par diverses spécialisations alimentaires, comportementales, spatiales. Les forêts tropicales fournissent un écosystème dont les trois dimensions sont énormes, avec une riche diversité en végétaux, et une multiplicité de ressources alimentaires différentes (mais pas forcément abondantes tout le temps !).


Etudier les petits mammifères arboricoles nécessite d’avoir accès à la canopée pour y effectuer des prélèvements, des observations, ... Une des techniques les moins coûteuses est celle de l’escalade jusqu’au sommet des arbres, après avoir fait passer une cordelette puis une corde par une branche maitresse du haut de l’arbre ciblé. © François Catzeflis

Il y a toutes sortes de spécialisations :

1 - spécialisation dans le temps : espèces diurnes & nocturnes

- parmi les 86 mammifères non-volants de Guyane, 21 espèces sont diurnes, 52 sont nocturnes, et 13 sont à la fois diurnes et nocturnes. Auxquelles se rajoutent les 100 espèces nocturnes de chauves-souris

2 - Spécialisation dans l’espace

Il faut dépasser la dichotomie simpliste terrestre/arboricole, pour reconnaître différentes strates offrant différentes niches. Au Gabon, les différentes espèces d’écureuils de taille similaire exploitent préférentiellement différentes strates de la végétation, alors que des espèces de taille très différente se partagent le même étage de végétation

3 - Spécialisations alimentaires


La très belle chauve-souris Tonatia silvicola est une espèce animalivore, qui se nourrit de gros insectes qu’elle capture sur les branches et les feuilles des arbres. © François Catzeflis - Tous droits réservés

Les chauves-souris sont la principale composante de la biodiversité des mammifères en Amazonie ; au moins 50% des espèces de mammifères sont des Chiroptères. Malgré une morphologie superficiellement semblable, des adaptations à au moins sept régimes alimentaires leur permettent de co-exister : frugivores, insectivores aériens, insectivores glaneurs, nectarivores, piscivores, sanguinivores, omnivores, animalivores glaneurs, ....

Un travail pionnier très souvent cité est celui de P. Charles-Dominique et coll. (1981), qui a illustré le partage de l’espace et des ressources pour une communauté de marsupiaux vivant en forêts secondaires pres de Cayenne.