La mondialisation de l'économie, cumulée à l'impact des nouveaux modes de commerce est porteuse de défis logistiques qui se posent tout au long de la « supply chain ». Le code-barre s'est imposé depuis longtemps comme outil incontournable de la gestion des stocks et des flux. Mais on se heurte aujourd'hui à ses limites physiques : l'identification doit obligatoirement passer par une lecture optique. Une technologie, qualifiée d'intelligente, permet pourtant de contourner cet écueil. En plus de permettre une lecture en aveugle puisque basée sur les ondes radio, elle peut contenir une large quantité d'information : c'est la RFID, pour Radio Frequency Identification. Elle porte en elle les prémisses de progrès insoupçonnés et l'avènement d'un « Internet des objets » mais également de nouveaux risques pour notre vie privée.
La technologie RFID n'est pas récente. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Royal Air Force l'utilisait déjà afin de différencier ses avions de ceux des ennemis.
La miniaturisation et la normalisation (nombreuses normes ISO à ce sujet) aidant, c'est son adoption dans des applications innovantes et notamment dans la distribution, le transport ou l'industrie qui fait beaucoup parler d'elle. Il s'agit, en effet, d'une technologie de pointe visant à assurer l'identification détaillée d'objets de tous types. La RFID permet de procéder à une saisie de données rapide et automatique grâce aux ondes radio. Elle est ainsi de plus en plus utilisée, notamment là où d'autres technologies d'identification, comme celle du code-barre se heurtent à leurs propres limites.

La RFID est en proie depuis quelques mois à de vives critiques en rapport aux risques qu'elle comporterait pour le respect de notre vie privée. Cet outil de traçabilité génial peut il se muer en œil indiscret et inquisiteur ? La presse décrit cette technologie comme une menace angoissante pour nos vies privées … Le danger est il réel ? Et si oui, comment y faire face ?
D'ailleurs, un ensemble de textes législatifs, destinés à réglementer les droits et obligations de chacune des parties intéressées, commence à voir le jour, dans le but de prévenir les abus potentiels. Ces lois répondent à différents aspects juridiques illustrant autant d'abus potentiels.
Considérons que les tags RFID sont des ordinateurs très particuliers : ils sont discrets par leur taille, sans aucun périphérique ni interface. De plus, ils sont capables de s'activer seuls, lors du passage au travers du champ émis par un lecteur et leur état de fonctionnement n'est nullement visible. Dès lors, il est normal que la CNIL s'y intéresse de très près. Etudions les.
Selon le professeur Philippe Lemoine, membre de la CNIL, quatre pièges peuvent masquer les enjeux cruciaux de cette technologie quant au respect de la vie privée des consommateurs.