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Françoise Strasser
 

Prévenir l'obésité devient une urgence - 29/04/2007

L'obésité est un état caractérisé par un excès de masse adipeuse (ou masse grasse). Une norme internationale a été adoptée pour mesurer l'excès de poids et l'obésité. Il s'agit de l'Indice de Masse Corporelle (IMC), qui est défini comme le poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2 (voir encadré). L'IMC estime le degré d'obésité et permet ainsi d'évaluer les risques pour la santé (co-morbidité) qui lui sont associés (voir encadré). Un individu est considéré comme obèse lorsque cette valeur est supérieure ou égale à 30 kg/m2. À côté de l'IMC, il convient de mesurer également la distribution de graisse corporelle. En effet, il est actuellement admis que la présence d'un excès de graisse au niveau de l'abdomen entraîne un risque accru pour la santé. Ainsi, un tour de taille supérieur à 88 cm chez la femme, et 102 cm chez l'homme, indique une obésité viscérale et un risque plus élevé de développer d'autres problèmes d'ordre clinique.


Les causes du développement de l'obésité sont multiples. L'obésité est un symptôme multifactoriel qui résulte des interactions complexes entre un terrain génétique plus ou moins propice et l'environnement dans lequel il évolue. En effet, le caractère héréditaire de la corpulence est incontestable. Certains sujets résistent à l'obésité alors que d'autres sont particulièrement sensibles au changement de régime alimentaire et à son contenu en matières grasses. Par exemple, un enfant en surpoids ayant au moins un parent obèse présente un risque de 80 % de devenir obèse à l'age adulte, contre seulement 10 % de risques si les deux parents étaient maigres (voir ci-dessous).


Les diverses analyses familiales ont conclu à l'existence d'un petit nombre de gènes jouant un rôle déterminant dans la corpulence et la distribution régionale de la masse grasse. Les résultats des travaux de recherche des trois dernières années suggèrent l'implication d'une vingtaine de gènes ou régions chromosomiques différentes. Cela signifie que les systèmes biochimiques et physiologiques responsables de la constitution de l'obésité sont multiples, et interviennent à différentes étapes de la régulation énergétique. Le décryptage du génome humain et les progrès en génétique moléculaire devraient ainsi permettre de classer « les obésités » en fonction des mécanismes métaboliques mis en jeu.