Ministère de l'environnement
Lutte contre la pauvreté et justice sociale - 12/05/2007
- Sommet Mondial sur le Droit Social de Copenhague
Le Sommet mondial pour le Développement Social de Copenhague (1995) a vu l'adoption de la Déclaration sur le Développement Social destinée à faire face à trois fléaux : la pauvreté, le chômage et la désintégration sociale. La communauté internationale s'y est engagée "à faire de la lutte contre la pauvreté, de la réalisation du plein emploi et de l'instauration d'une société où régneront la stabilité, la sécurité et la justice, leur objectif suprême".
Ce sommet fut certainement l'occasion d'un assaut mené sur des fronts multiples contre la pauvreté par l'Organisation des Nations Unies et les organismes associés que sont, entre autre dont la Banque mondiale, l'UNICEF, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l'environnement, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, le Fonds international de développement agricole et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.
- Stratégie de la Banque Mondiale
La Banque mondiale, qui a fait de la réduction de la pauvreté et de l'amélioration des conditions de vie son objectif suprême, et conçu une stratégie à deux axes contre la pauvreté. Le premier axe vise l'expansion des possibilités d'emploi et de rémunération au bénéfice des pauvres, ce qui implique de se préoccuper de la nature et du taux de la croissance économique.
Le second axe consiste à mettre les pauvres mieux en état de tirer parti des possibilités offertes, en améliorant l'accès aux infrastructures sociales tels que les services de santé et l'éducation. En 1994, la Banque Mondiale invitait par une résolution, tous les pays à commencer la mise en oeuvre de politiques nationales visant à faciliter la création d'emplois et à assurer des programmes de sécurité alimentaire, de santé, d'éducation, de logement et de population à tous leurs nationaux, surtout les plus vulnérables et les plus défavorisés.
- Engagement des Nations vers des Objectifs Internationaux de Développement (OID)
En 1996, le Comité d'aide au développement de l'OCDE rend publics les 7 Objectifs Internationaux de Développement (OID) dans son rapport sur "Le rôle de la coopération pour le développement à l'aube du XXIe siècle". Mais ce n'est qu'en 2000 que pour la première fois, l'OCDE , la Banque Mondiale et le FMI affichent une évaluation conjointe à celle des Nations Unies sur les progrès accomplis en matière de développement social. Ce constat est publié dans un ouvrage conjoint ‘Un monde meilleur pour tous' à l'occasion du Sommet des Nations Unies de Genève sur le Développement Social, en juin 2000 (5 ans après la Conférence de Copenhague). Les sept objectifs internationaux de développement, quantifiés, présentés comme indissociables, et pour la plupart à réaliser d'ici à 2015, y sont à nouveau proposés : ils reprennent les engagements des principales conférences organisées par les Nations Unies dans les années 90 , à savoir :
1. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population mondiale qui vit dans l'extrême pauvreté
2. Scolariser tous les enfants dans l'enseignement primaire d'ici 2015
3. Progresser vers l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2005
4. Réduire des deux tiers les taux de mortalité infantile et juvénile entre 1990 et 2015
5. Réduire des trois quarts les taux de mortalité liée à la maternité entre 1990 et 2015
6. Mettre les services de santé en matière de reproduction à la disposition de tous ceux qui en ont besoin d'ici à 2015
7. Appliquer des stratégies nationales axées sur le développement durable d'ici à 2005, de manière à réparer les dommages causées aux ressources environnementales
- Engagements des Nations vers des Objectifs de Développement du Millénaire (ODM)
Quelques mois plus tard, en septembre 2000, près de 189 Etats adoptent la Déclaration du millénaire des Nations unies au Sommet du millénaire à New York : elle intègre huit objectifs de développement du millénaire (ODM), et vise à "créer – aux niveaux tant national que mondial – un climat propice au développement et à l'élimination de la pauvreté" (résolution 55/2 de l'Assemblée générale, par. 12).
Ces objectifs sont les suivants :
1. éradiquer l'extrême pauvreté et la faim,
2. universaliser l'enseignement primaire,
3. promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes,
4. faire baisser la mortalité infantile,
5. améliorer la santé maternelle,
6. combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies,
7. garantir la viabilité écologique,
8. instaurer un partenariat mondial au service du développement. En 2001, Kofi Annan place les ODM au coeur de son "Plan de campagne pour la mise en oeuvre de la Déclaration du Millénaire".
- Domaines d'actions pour le millénaire
Pour diminuer de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes vivant dans le dénuement, et ce dans toutes les régions du monde, les Nations Unies préconise les domaines prioritaires suivants (rapport du millénaire) :
1. la réalisation d'une croissance durable. Il s'agit, avant tout, de veiller à ce que les populations de tous les pays en développement tirent profit de la mondialisation.
2. la création de possibilités pour les jeunes : il s'agit que, d'ici à 2015, tous les enfants aient achevé leur scolarité primaire, et que filles et garçons aient également accès à tous les cycles d'enseignement. Il faut aussi trouver les moyens de créer pour les jeunes des emplois décents.
3. la promotion de la santé et lutte contre le VIH/sida : La recherche médicale doit être réorientée vers les maladies qui affectent 90 % de la population mondiale. D'ici à 2010, nous devons réduire de 25 % le taux d'infection par le VIH chez les jeunes.
4. l'assainissement des taudis et des bidonvilles : il s'agit d'appuyer le plan de lutte contre les taudis, pour améliorer d'ici à 2020 les conditions de vie de 100 millions d' habitants de bidonvilles.
5. l'intégration de l'Afrique: pour cela, il convient que les gouvernements africains s'emploient en priorité à réduire la pauvreté ; que le reste du monde les y aider, et que des moyens techniques soient trouvés pour améliorer la faiblesse des rendements agricoles en Afrique.