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27 07 2008

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Jean Etienne
 

Mission Deep Impact, percuter la comète 9P/Tempel-1 - 10/05/2007



Deep Impact en configuration de croisière, impacteur largué © JPL/Nasa

Le 3 juillet 2005, alors que Deep Impact se trouvera sur une trajectoire de collision avec le noyau de la comète 9P/Tempel-1, le centre de contrôle du JPL transmettra à la sonde l'ordre de séparation. Dès que le signal de confirmation sera reçu par télémétrie, une modification de trajectoire sera alors commandée au module de navigation, qui l'amènera à croiser la comète à une distance de 500 km.

Le lendemain 4 juillet, les instruments du module de navigation se mettront à observer en continu la zone du noyau où devra s'écraser l'impacteur. Deux caméras entreront en action.

La première est équipée d'un télescope de 30 cm, d'un capteur multispectral et d'un spectromètre infrarouge. Sa résolution est de 2 m à une distance de 700 km. La seconde, utilisée également pour l'approche, a un plus grand champ de vision. Utilisant un miroir de 12 cm, sa résolution est de 10 mètres.



Le système de télescopes de Deep Impact © Ball Aerospace

Lorsque le module de navigation se trouvera à environ 700 km du noyau cométaire, la prise de vues sera interrompue et l'ensemble pivotera sur lui-même afin de se présenter bouclier en avant, afin de se protéger au mieux des poussières.

Durant ce temps, l'impacteur transmettra des images de plus en plus rapprochées du noyau cométaire au moyen d'un système d'imagerie identique à celui du module de navigation, sans les filtres. La résolution attendue est de seulement 20 cm à 20 km de distance. Puis ce sera l'impact.

Les 364 kg de l'impacteur dégageront une énergie cinétique de 19 Gjoules, ce qui équivaut à l'explosion de 4,80 tonnes de TNT. Suivant la nature estimée du sol, le cratère d'impact devrait mesurer 25 mètres de profondeur pour 100 mètres de diamètre. Le module de navigation, qui aura repris son orientation normale, transmettra alors les images et surtout les données spectrales de la vague de chaleur ainsi crée, permettant d'identifier la nature des matériaux composant le sous-sol de 9P/Tempel-1.

Mais de précieux renseignements découleront aussi de l'observation du processus de formation du cratère d'impact. La cohésion de la matière qui le constitue peut découler de la force de gravitation, de la solidité de l'ensemble ou de la compression. Si la force de gravitation s'avère prépondérante, cela implique que la comète s'est formée par accrétion et qu'il s'agit bien d'un objet originel, contemporain de la formation du système solaire et n'ayant subi aucune modification. Si la solidité l'emporte, il s'agit d'un indice impliquant que l'objet pourrait être un fragment d'un corps plus important, donc non originel. Enfin si le cratère apparaît beaucoup plus petit que prévu, cela indiquerait que l'onde de choc a été absorbée par un matériaux poreux, et donc que le processus de formation du noyau a été dominé par la compression.