D'autres chondrites dites métamorphiques (Ehole, Ethiopie) ont subi une transformation thermique à l'intérieur de la planète hôte qui les abritait pendant des millions d'années. Leur structure a été recristallisée et est très granuleuse.
Une catégorie intermédiaire rassemble les pallasites, des mésosidérites qui ont été formées à la limite entre le noyau et le manteau d'une planète hôte. Elles contiennent du fer et des inclusions de silicates (olivine, etc). Parmi les plus belles et les plus connues citons les pallasites d'Imilac et d'Esquel. Vu leur beauté et leur rareté elles représentent une forte valeur marchande qui se chiffre en milliers de dollars mais ne le dites pas au douanier...

Les météorties mixtes © Documents NMNH
Ces météorites métamorphiques venant vraisemblablement d'une autre planète, elles consolident l'idée que certaines d'entre elles nous viendraient directement de Mars. En effet, depuis 1981 les géologues ont découvert en Antarctique plusieurs météorites composées d'hydrocarbures polycycliques, les fameux PAH qui ne sont pas des acides aminés, âgés de 4.5 milliards d'années associés à des éléments organiques (carbonates). Le spécimen ALH 84001 en particulier sur lequel je reviendrai dans le dossier consacré à la bioastronomie ressemble fortement aux cailloux analysés sur la surface de Mars. Parmi les 22000 météorites récoltés par les professionnels et provenant de la ceinture des astéroïdes 17 spécimens sont originaires de Mars. Ces exemplaires très rares sont des météorites de la famille des SNC (Shergottite-Nakhlilite-Chassignite), nom formé par les trois premières météorites de ce type trouvées sur Terre.

Les météorties martiennes © Documents NMNH
La question a en effet soulevé bien des discussions. L'analyse de la croûte d'un météorite ne donne aucune indication sur son origine. Elle est fondue et ses éléments ont été réorganisés chimiquement ou physiquement. Elle ne témoignage que de la friction atmosphérique et de la nature de ses composants, plus ou moins volatils ou oxydables.
Le basalte dont la météorite est composée n'est pas non plus un indicateur très probant car il est commun à la plupart des corps célestes, sous différentes colorations, du gris clair au noir. Sa structure microscopique pourrait éventuellement nous mettre sur la voie. Ce sont en fait les gaz qui déterminent l'origine des SNC.
Les gaz atmosphériques emprisonnés dans les SNC au cours de la fusion présentent des propriétés similaires aux isotopes analysés dans l'atmosphère martienne par la mission Viking en 1976. Ces météorites contiennent de petites quantité d'eau dont le rapport isotopique de l'oxygène diffère de celui mesuré dans l'eau terrestre. Tous ces indices suggèrent non seulement que ces météorites viennent de Mars mais que cette planète contenait autrefois beaucoup plus d'eau, transformant ces SNC en carbonates.
Plus étonnant encore, après analyse il s'avère que l'échantillon ALH84001 contient des minéraux carbonés qui d'ordinaires précipitent en présence d'eau sous forme liquide. Il présente également des grains de cristaux de magnétites similaires en forme et dimension à ceux produits par certaines bactéries terrestres. Mais nous n'avons pas dit qu'il s'agissait des traces du métabolisme d'organismes vivants... La question est toutefois ouverte et souleva dès sa publication un large débat qui n'est pas encore clôturé.

La proportion des isotopes de l'oxygène 17O/18O dans les météorites (cyan et bleu) est différente de celle des roches terrestre et lunaire. Cela suggère que ces roches ne se sont past formée de la même manière que la Terre. Les météorites SNC proviendraient de Mars. Adapté de "Mission to the Moon", ESA
Cette dernière catégorie de météorites consiste en de petites sphérules colorées et vitrifiées de quelque millimètres à plusieurs centimètres de diamètre. Les tectites ont rarement été associées à la chute de météorites récentes mais certaines furent trouvées près de cratères météoritiques fossiles (Côte d'Ivoire, ex-Tchécoslovaquie). Les plus jeunes échantillons sont tombés sur Terre il y a plus de 600000 ans et certains remontent à 35 millions d'années.
Les tectites ont subies une double fusion et contiennent principalement des silicates et relativement peu de sodium et de magnésium. Elles s'apparentent à l'obsidienne terrestre d'origine volcanique mais présentent peu de métaux alcalins. Ces météorites tombèrent en essaims, formant des champs de tectites très localisés. On en retrouve sur l'île du Cap, au large du Ghana, dans la région qui va du Texas aux Caraïbes, au sud et à l'ouest de l'Australie, dans l'océan Indien ainsi qu'à Bornéo, au Viêt-nam, etc. Leur origine reste un mystère.

Les tectites
Pour expliquer la double fusion, plusieurs hypothèses ont été émises. L'une d'elle considère qu'avant d'arriver sur Terre, les tectites ont pu être éjectées suite à l'impact d'une météorite sur la Lune. Une autre théorie fait valoir l'éventuelle explosion d'une 10e planète qui forma les astéroïdes. Enfin, la plus probable à mon sens les lie à une vitrification terrestre survenue suite à l'impact d'une météorite; la première fusion survenue sous l'impact a réduit la roche à l'état de verre tandis que la seconde a pu se produire lorsque les ejecta ont été propulsé dans l'atmosphère et sont retombés sous forme de gouttes incandescente, n'affectant cette fois que les couches externes de la tectite.
Avis aux collectionneurs
Le Dr Carleton B.Moore nous rappelle qu' "une météorite est un objet rare et d'une valeur scientifique certaine. Le centre que je dirige se prête également aux analyses des particuliers. Il peut encore arriver que l'on rapporte un type inconnu de météorite et pour cette raison il est souhaitable que tous les spécimens récoltés nous parviennent, le temps de les analyser". Nous en prenons bonne note.
Un dossier préparé et publié avec l'accord de Thierry Lombry webmaster du site "Luxorion"
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