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Yann Arthus-Bertrand
 

La Terre vue du ciel ! - 06/10/2007

Une des cinq parties du monde, la plus étendue après l'Asie. Suspendue aux flancs de l'Ancien Monde comme un «gigantesque point d'interrogation» - selon la pittoresque formule de Weulersse - l'Afrique représente le quart de la surface des terres émergées.

Avec une superficie de 30 330 000 km2, dont 622 000 km2 pour les îles, l'Afrique est le deuxième continent par la taille 22% de la surface terrestre.


Position de l'Afrique sur le globe terrestre © Futura-sciences

De tous les continents, c'est à la fois le plus massif (1400 km2 pour 10 km de côtes, contre 300 pour l'Europe) mais surtout le plus tropical et, par conséquent, le plus chaud. S'étendant du nord au sud sur 8 000 km (de 370 21H N. à 340 51H S.), l'Afrique est le seul continent à peu près symétriquement disposé par rapport à l'équateur, qui le sépare sensiblement en deux moitiés.

À l'exception de la côte septentrionale et des chaînes de l'Atlas dans le nord-ouest, l'Afrique est caractérisée par de grandes cuvettes où coulent majestueusement de grands fleuves – Nil, Niger, Congo, Zambèze – qui accèdent à la mer par des chutes et des rapides spectaculaires.

  • 1 - Maroc : Filets de pêche dans le Port d'Agadir

Depuis 1970, la production mondiale des pêches a doublé, atteignant 126 millions de tonnes en 1999, principalement du fait d'une augmentation spectaculaire de l'aquaculture : sa production, qui représente désormais 20% de la production mondiale des pêches, a été multipliée par quatre en 12 ans.



© Photo Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés


Quant à l'accroissement des pêches de capture, qu'a permis une multiplication par six de la flotte mondiale depuis 1970, il aboutit aujourd'hui à une diminution des ressources halieutiques : 11 des 15 grandes zones de pêche dans le monde sont en déclin. La pêche marocaine, peu dommageable avec ses chalutiers et ses petites barques à moteur, reste à 75 % artisanale.

À Agadir, premier port de pêche du Maroc, des filets de plusieurs centaines de mètres sont tendus sur le sol pour y être réparés avant les prochaines sorties en mer. Les eaux marocaines, qui bordent 3 500 km de littoral, abritent près de 250 espèces de poissons, notamment des sardines qui migrent le long des côtes, profitant des upwellings, remontées d'eaux riches en nutriments. Les sardines constituent plus de 80 % des prises, et font d'Agadir le premier port sardinier du monde.

  • 2 - Madagascar : Village traditionnel au nord d'Antananarivo

Les modèles réussis ont ceci d'extraordinaire qu'ils permettent de faire la jonction entre une représentation tangible de la réalité et l'image que nous en avons dans nos esprits.



© Photo Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés


Ce village est à la fois une proto-ville et un paléo-bourg. Proto-ville parce que s'y trouvent réunis, dans la forme, les ingrédients les plus fréquents qui vont évoluer vers la ville : " muraille ", porte et jardins, bâtiments orientés, ébauche de place centrale, et même faubourg accolé à la " muraille ". Paléo-bourg parce que dans de très nombreuses civilisations, la forme circulaire et les chemins rayonnants ont défini l'espace dans lequel se sont constitués les premiers ensembles qui ont évolué vers la ville. Il reste qu'une ville, c'est d'abord un ensemble de fonctions et surtout de relations.

  • 3 - Kenya : Flamants roses au bord du lac Logipi, vallée de Suguta

La blancheur du natron (carbonate de sodium) cristallisé sur la berge noire volcanique du lac Logipi contraste avec le bleu-vert des algues qui prolifèrent dans l'eau alcaline et saumâtre. Vue du ciel, cette partie du rivage dessine curieusement une forme d'huître géante, bordée de quelques perles nacrées correspondant probablement à des résurgences d'eau douce au-dessus desquelles les flamants s'agglutinent.



© Photo Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés


Ces échassiers viennent se nourrir dans les eaux peu profondes du lac où foisonnent des algues et de petits crustacés, qui donnent aux flamants leur couleur caractéristique. D'immenses colonies de flamants roses évoluent ainsi d'un lac à l'autre de la vallée du Rift, au gré de la pluviométrie annuelle qui modifie la concentration en soude donc la disponibilité alimentaire.

Ils ont déserté la région lors de la cruelle sécheresse qui, pendant près de 5 ans, a sévi en Afrique orientale jusqu'en 1998. Au début de cette même année, les pluies importantes dues au phénomène climatique El Niño ont incité petits flamants et flamants roses à revenir peupler la vallée du Rift, qui en abriterait aujourd'hui près de 3 millions, soit plus de la moitié de l'effectif mondial.

  • 4 - Tunisie : Nouvelles plantations d'oliviers, gouvernorat de Zaghouan

Les talus édifiés pour retenir l'eau de ruissellement et limiter l'érosion soulignent le relief, à la manière des courbes de niveau d'une carte. Les plantations d'oliviers sont effectuées sur des terres labourables, souvent sur des franges de relief comme ici au pied du Djebel Zaghouan (1 295 m), au nord-est de la Tunisie.



© Photo Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés


Originaire du pourtour méditerranéen, où demeurent aujourd'hui 90 % des oliviers de la planète, cet arbre, symbole de paix, peut vivre jusqu'à 1 000 ans, et donne annuellement 5 kg à 30 kg d'olives. Son huile servait jadis dans de petites lampes d'argile pour l'éclairage, avant d'être remplacée par le pétrole. On consomme aujourd'hui les olives de table et l'huile d'olive, réputée pour ses vertus diététiques et médicinales, également exploitée en cosmétologie. La production de 1 l d'huile d'olive nécessite 5 kg à 6 kg d'olives.

Avec 1 000 000 tonnes d'olives produites en 2000, la Tunisie a doublé sa production de 1997, et se positionne au 4e rang mondial derrière l'Espagne (4 182 000 t), l'Italie (2 775 000 t) et la Grèce (2 000 000 t). Ces pays sont aussi les principaux consommateurs d'huile d'olive : 20 l par habitant et par an pour la Grèce, 15 l en Espagne et en Italie, et seulement 0,5 l en France.

  • 5 - Niger : Pirogues dur le fleuve Niger à Gao

Importante artère de communication du Mali, le fleuve Niger permet une liaison commerciale entre les abords de Bamako, la capitale, et Gao, au nord du pays (1 400 km).

Cependant, les navires de taille moyenne ne peuvent le parcourir que pendant la période des hautes eaux de juillet à décembre, car seuls les bateaux à faible tirant d'eau peuvent naviguer sur le Niger en toute saison.



© Photo Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés


Les Bozo, peuple traditionnellement pêcheur, sont devenus les " maîtres du fleuve " en assurant les transports locaux avec leurs pinasses. D'apparence fragile, ces grandes pirogues, qui font de fréquents va-et-vient dans le port de Gao, peuvent transporter chacune plusieurs tonnes de marchandises. Elles acheminent notamment de part et d'autre des berges du Niger des quantités importantes de bourgou, une plante fourragère qui se développe dans les eaux du fleuve et sert à alimenter le bétail transhumant de la région.