Futura Sciences
Image de la rubrique en cours
21 08 2008
NASA

Publicité
A la une
Abonnez-vous !

Jacques-Marie Bardintzeff
 

Les risques volcaniques - 02/05/2007

  • A - Connaître l'histoire du volcan


Jacques-Marie Bardintzeff prélève un fragment de lave solidifié sur l'Etna en avril 2000

Les éruptions anciennes du volcan constituent une référence pour envisager les éruptions futures. Les dépôts solides (laves solidifiées, cendres) qu'il a rejetés jadis en constituent les témoins. On les identifie précisément (la pétrographie est l'étude des roches et des minéraux qu'elles contiennent). Puis on essaye de les dater (géochronologie) pour reconstituer la vie du volcan.

  • B - Surveiller le volcan

Pour les volcans les plus dangereux, il faut disposer d'un observatoire permanent où un personnel qualifié se relaie 24 heures sur 24. On dispose aussi de stations de surveillance automatique, disposées sur l'édifice volcanique et reliées à l'observatoire central par radio haute fréquence.


Une station de surveillance volcanique au pied du Yasour au Vanuatu. De gauche à droite : un pluviomètre, un séismographe et une sonde thermique. Un panneau solaire permet d'alimenter les batteries


Différents types d'appareils spécifiques permettent une surveillance rigoureuse du volcan.

Des sismographes détectent de petites secousses appelés « tremors », témoins de la montée du magma. Ces signaux se produisent le plus souvent entre 24 et 48 heures avant une éruption, parfois quelques jours ou au contraire quelques dizaines de minutes seulement.

Parallèlement, cette montée magmatique, provoque un gonflement de l'édifice, à une échelle millimétrique, centimétrique ou décimétrique. Les fissures s'écartent. Des géodimètres permettent de mesurer une distance précise entre deux points repères. à plus grande échelle, on utilise des rayons lasers, qui se réfléchissent sur des micro-réflecteurs installés sur le volcan. Des inclinomètres permettent de détecter des variations de pentes.


Jacques-Marie Bardintzeff (à gauche) avec Giuseppe Puglisi (au centre) et Biagio Puglisi (à droite) de l'Institut National de Géophysique et Volcanologie de Catane, lors de mesures de distance et de déformation sur l'Etna, en avril 2000


Les fumerolles peuvent changer de température, de composition ou de débit, annonçant une variation de l'activité du volcan.


Jacques-Marie Bardintzeff mesure la température des fumerolles soufrées au Kawah Idjen, à Java, en Indonésie



Mesure de la teneur en dioxyde de soufre du panache du Tavurvur en Papouasie - Nouvelle-Guinée à l'aide d'un système Cospec (Correlation spectrometry). 500 à 1 000 tonnes de dioxyde de soufre étaient émis chaque jour d'août 1996

Les images prises par les satellites permettent, à distance, le suivi régulier du volcan.
Des cartes de risques volcaniques sont dressées, où les zones menacées sont repérées à l'aide de couleurs significatives : rouge pour les zones à plus hauts risques, puis orange, jaune et vert pour les régions complètement à l'abri.

  • C - La protection civile

Il faut expliquer aux populations menacées ce qu'est exactement un volcan, les différents dangers qu'il présente, ce qu'il faut faire ou ne pas faire en cas d'éruption. Des plans d'alerte, de secours et d'évacuation sont établis par les autorités civiles, prenant en compte les différents scénarios éruptifs susceptibles de se produire.

Des antennes médicalisées spécialisées doivent également être prêtes à intervenir sur les lieux de l'éruption pour porter secours aux blessés.

Des progrès significatifs ont été réalisés depuis une vingtaine d'années dans les domaines de la surveillance, de la prévision et de la prévention des éruptions.