Il ne s'agit là que de quelques exemples ; on aurait pu faire d'autres choix dans une liste malheureusement trop longue.
1 - Les débuts
2 - Des virus récents

Normalement cet écran est animé
1999 a vu également la diffusion d'un virus curieux : Melissa. Ce virus est un virus de macro classique affectant les documents Word, à une exception près : en s'activant il envoie par mail une copie du document infecté à 50 destinataires. Il se trouve donc à mi-chemin entre les virus classiques des années précédentes et les nouveaux vers de mail.

Affichage de Hybris, variante C - En réalité l'image est beaucoup plus grande et elle tourne. C'est assez hallucinant.
1°) envoie des mails contaminés pour se propager en prélevant du texte sur votre ordinateur pour constituer le corps du message (ce qui peut avoir pour effet de diffuser des documents confidentiels présents sur votre ordinateur)
2°) va dans certains cas modifier le contenu du BIOS et de la CMOS, ce qui nécessite généralement le remplacement de la carte mère. Sur un ordinateur infecté par Magistr on peut voir, certains jours, les icônes du bureau s'enfuir à l'approche du pointeur de la souris. Si ce signe apparaît il est urgent de désinfecter l'ordinateur avant la panne totale.
Le ver Code Red mérite une mention spéciale. C'est un ver qui ne se propage pas par le courrier, mais directement par Internet. Il était conçu pour infecter dans certaines conditions les serveurs Web Microsoft (connus sous le nom IIS, Internet Information Server) en utilisant une faille non corrigée à l'époque. Chaque serveur contaminé envoie vers des adresses aléatoires des requêtes sur le port 80 (celui qui est utilisé par tous les serveurs Web). S'il obtient une réponse à cette adresse le ver va essayer de contaminer la nouvelle machine (technique de scan aléatoire du réseau Internet). Les conséquences sont multiples : activité excessive du serveur dont les performances se dégradent, encombrement du réseau par un trafic parasite, dégradation des pages hébergés sur le serveur.
Le ver ayant fait son apparition en Juillet 2001, l'attaque s'est déroulée principalement sur juillet et août et plus de 250000 serveurs semblent avoir été victimes de Code Red dès le mois de juillet. Un nombre non négligeable de responsables de réseau n'ont découvert le problème qu'au retour de vacances.

Capture d'écran réduite
Le ver Sobig a été aussi très actif. Dans sa forme initiale (Sobig.A) expéditeur était big@boss.com. Pour tout dire il fallait être bien naïf pour se laisser abuser par un message provenant d'une telle adresse ! Mais les versions suivantes (en particulier Sobig.F) utilisent d'autres adresses. La stratégie complexe de Sobig sera vue page suivante.
Deux mentions spéciales pour l'année 2003 :
Le ver Blaster (encore appelé Lovesan, ou Poza). C'est un ver qui se transmet directement par Internet car il exploite une faille maintenant corrigée (si vous êtes à jour) du service RPC de Windows (c'est le service qui permet les communications à distance). Ce ver a la particularité de programmer l'extinction automatique de l'ordinateur au grand désespoir de l'utilisateur car il est pratiquement impossible de l'empêcher.

L'autre mention spéciale concerne le ver Slammer (ou Sapphire). Ce ver est remarquable à plusieurs titres. Tout d'abord il exploitait une faille du système de base de données SQL Server de Microsoft. Cette faille avait fait l'objet d'un correctif plusieurs mois auparavant mais, bien que SQL Server soit employé presque exclusivement en milieu professionnel, beaucoup d'organismes n'avaient pas appliqué le correctif. Deuxième caractéristique : le ver ne contenait aucune fonction agressive, se propageait uniquement au travers du réseau Internet, résidait dans la mémoire de l'ordinateur victime sans s'enregistrer dans le disque dur et sa taille n'était que de 376 octets !
Malgré cette taille ridicule Slammer a provoqué une véritable catastrophe. La raison de cette catastrophe est que Slammer générait à grande vitesse des adresses IP aléatoires vers lesquelles il s'envoyait (dans l'espoir qu'à cette adresse il y aurait peut-être un ordinateur utilisant SQL Server). C'est une technique de scan du réseau un peu comparable à celle de Code Red, mais à peu près 100 fois plus efficace. En raison de la conception du ver la fréquence d'envoi n'était limitée que par la vitesse des connexions et des fréquences de 26000 scans/secondes ont été observées. On comprend que malgré la taille très faible du paquet envoyé des segments entiers de réseau ont pu être saturés.
Ce n'est probablement pas un hasard si le ver a été lancé sur Internet un week-end, c'est-à-dire à un moment où la plupart des responsables et techniciens réseaux n'étaient pas disponibles. L'attaque a débuté vers 5h30 (temps universel) le samedi 25 juin 2003, peut-être en Asie du sud-est et spécialement en Corée (ce qui correspond à 14h30 pour ce pays) mais l'origine est difficile à certifier en raison de la rapidité de la propagation. Dans la première minute le nombre de postes infectés doubla toutes les 8,5 secondes ce qui multiplia exponentiellement le nombre d'attaques. Au bout de 3 minutes le ver atteignit son taux maximum de scan sur le réseau mondial (plus de 55 millions par seconde !). La plupart des machines vulnérables du monde entier ont été infectées dans les 10 premières minutes, mais elles ont continué à scanner le réseau avec la même intensité. La carte des infections montre qu'au bout de 30 minutes l'Asie du sud-est, toute l'Europe et la quasi-totalité des États-Unis étaient totalement contaminés. Le réseau coréen s'effondra totalement avec des conséquences catastrophiques, en particulier pour des établissements bancaires. La plupart des axes principaux du réseau Internet (backbone, dans le jargon des spécialistes) arrivèrent tant bien que mal à maintenir leur connectivité, mais de très nombreux pans du réseau furent complètement paralysés.
Témoignage personnel : tout le réseau universitaire de Bordeaux repose sur une architecture de fibre optique gigabit et il est relié au réseau à haut débit interuniversitaire RENATER (une des mailles les plus importantes d'Internet au niveau français). On dispose donc dans l'université de conditions qui relèguent presque l'ADSL au niveau des outils préhistoriques. Pourtant l'accès à l'Internet a été impossible pendant pratiquement tout le week-end. La situation n'est revenue normale que le lundi.
La solution était pourtant simple : il suffisait, au niveau des routeurs principaux des réseaux, de fermer le port UDP 1434 (celui qui permet de communiquer avec SQL Server), d'éteindre les machines contaminées et de les relancer (et bien entendu d'appliquer le correctif qui existait depuis longtemps). Le ver étant uniquement en mémoire centrale, tout rentrait dans l'ordre. Mais, compte tenu du week-end, du nombre d'ordinateurs à identifier, du nombre de routeurs à programmer, des problèmes de décalage horaire, cela a pris du temps et on a frôlé la catastrophe mondiale (sans parler de catastrophes locales bien réelles). Heureusement le ver ne contenait aucune fonction de destruction !